Le professeur André Mbata, cet éminent spécialiste en droit constitutionnel qui, tel un oracle des temps modernes, s’est levé le 26 décembre pour nous dévoiler l’évidence : oui, la révision de la constitution est parfaitement légale ! Merci, professeur, pour cette révélation qui nous a tous laissés pantois. Qui aurait cru que la constitution pouvait être modifiée ? Quel scoop.
À Kananga, dans le Kasaï-Central, le professeur a pris le micro avec l’assurance d’un homme qui sait qu’il est en terrain conquis. Soutenant avec ferveur l’initiative du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo de créer une commission pour examiner cette fameuse réforme constitutionnelle, il nous rappelle, avec un sérieux désarmant, que “tous les articles ne sont pas modifiables”.
Ces mots résonnent comme une douce mélodie pour tous ceux qui espèrent que certaines parties de notre belle constitution, comme une vieille chanson que l’on ne veut pas voir disparaître, seront épargnées de la frénésie réformatrice. Et que dire de son analyse pointue de l’article 218 ? “Seuls quatre acteurs ou groupes peuvent initier une révision”, déclare-t-il sans sourciller.
Comme si nous étions trop simples d’esprit pour le comprendre. Le président, le gouvernement, la majorité d’une chambre parlementaire, ou même 100 000 citoyens. Voilà qui ouvre la porte à une belle cacophonie démocratique. Mais ne vous inquiétez pas, chers compatriotes, car tout cela est parfaitement cadré. Un projet du gouvernement, une proposition du Parlement. Quelle précision !
Il est fascinant de constater à quel point ce discours savant détourne habilement l’attention des véritables enjeux. La question n’est pas seulement de savoir qui peut proposer une révision constitutionnelle en RDC, mais plutôt : pourquoi cette initiative survient-elle maintenant ? Est-ce vraiment pour le bien du peuple ou pour maintenir un certain statu quo au sommet de l’État ?
Mais bon, pourquoi se poser des questions aussi inconvenantes quand on peut applaudir le bon professeur pour son plaidoyer en faveur de la “légalité” constitutionnelle. Il est évident que le professeur André Mbata Mangu a choisi son camp, et il n’hésite pas à le faire savoir. Entre un soutien qui semble plus intéressé qu’altruiste et une rhétorique qui rappelle les meilleures heures de la politique.
Il nous offre un spectacle dont il a le secret. Mais au fond, qui peut vraiment croire que cette commission sera autre chose qu’un simple énième cirque politique dont la RDC a le secret. Alors, chers lecteurs, à vous de juger : le professeur André Mbata est-il le défenseur éclairé de la démocratie ou simplement un acteur de la pièce de théâtre tragique qui se joue sur la scène politique ?
Cet homme qui porte désormais le titre de professeur comme un simple mur de planque a depuis longtemps déserté le terrain de la science. Une chose est certaine, son discours, tout en nuance et en subtilité, laisse un goût amer d’ironie dans nos esprits. Mais après tout, dans le grand jeu du pouvoir, qui a vraiment besoin de clarté quand on peut se contenter de verbiage savant ?
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













