Au cœur d’une Assemblée nationale souvent décriée pour son inertie, le député national élu de la Funa, Eric Tshikuma, émerge comme une voix pragmatique portant une vision économique radicale. Son cheval de bataille actuel ? Le soutien exigeant du “Project Vault”, une initiative qu’il présente non comme un simple projet, mais comme une véritable clé de voûte capable de transformer durablement et profondément le visage économique de la RD Congo.
Plus qu’un slogan, ce projet américain est un cadre stratégique ambitieux visant à sécuriser, valoriser et optimiser la manne nationale pour enfin bâtir une prospérité partagée. La force de la proposition de l’Honorable Eric Tshikuma réside dans son réalisme et son ancrage dans l’urgence du moment. S’adressant directement au gouvernement de la Première ministre Judith Suminwa, il en appelle à une accélération courageuse des réformes économiques.
Pour lui, l’ère des demi-mesures est révolue. Il encourage l’exécutif à poursuivre et à intensifier son action, notamment dans le secteur minier, en insistant sur la nécessité de renforcer la régulation, la traçabilité et la gouvernance. C’est, selon lui, la condition sine qua non pour que les immenses richesses du sous-sol cessent de nourrir des circuits opaques et profitent enfin au Trésor public. Toutefois, la véritable singularité du député Tshikuma se manifeste dans son positionnement d’équilibriste.
Tout en soutenant l’action gouvernementale, il place le Parlement en sentinelle inflexible de l’intérêt général. Il annonce avec une fermeté remarquée que l’Assemblée nationale exercera un contrôle parlementaire strict, continu et sans complaisance. Cet avertissement n’est pas un acte de défiance, mais une clarification des rôles : l’exécutif doit agir, le législatif doit vérifier. L’objectif est limpide : garantir que chaque dollar issu des ressources minières soit comptabilisé, transparent et dirigé vers des investissements structurants.
La philosophie derrière le “Project Vault” transcende la simple exploitation des minerais. Eric Tshikuma y voit le socle d’un nouveau pacte social et économique. Il s’agit de verrouiller les recettes pour les investir de manière stratégique dans des secteurs générateurs d’emplois et de valeur ajoutée : l’agriculture, les infrastructures énergétiques et de transport, l’industrialisation locale et la formation d’une main-d’œuvre qualifiée. La mine ne serait ainsi plus une fin, mais le levier financier initial pour diversifier l’économie et la rendre résiliente aux fluctuations des cours mondiaux.
Cette vision place Eric Tshikuma en catalyseur d’une nouvelle génération de leaders politiques, qui conjuguent patriotisme économique et exigence de bonne gouvernance. Son éloquence et sa détermination à porter ce plaidoyer en font un interlocuteur crédible et écouté, aussi bien dans l’hémicycle que dans les forums économiques. Il incarne cette conviction que la RDC n’est pas condamnée à la malédiction des ressources, mais qu’elle peut, par une volonté politique inébranlable et des institutions fortes, en récolter les fruits pour tous.
Eric Tshikuma en appelle à la responsabilité collective. Il ne se contente pas de critiquer ou de rêver ; il propose une feuille de route et en assure la surveillance politique. “Project Vault” représente plus qu’un changement de politique ; c’est un changement de paradigme. Sa réussite dépendra de la capacité du gouvernement Judith Suminwa à mener des réformes courageuses, sous le regard vigilant d’un Parlement déterminé à jouer pleinement son rôle. Si ce tandem fonctionne, la RDC pourrait enfin tourner la page d’une économie de prédation pour écrire celle d’une prospérité souveraine et partagée, transformant ainsi, comme le prophétise le député, le visage même de la nation.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR












