Il est peut-être enfin temps de lever le voile sur une vérité que tout le monde murmure : la machine ministérielle de la République Démocratique du Congo est devenue un véritable cirque bureaucratique. Avec une guerre imposant une nouvelle réalité impitoyable, le bon sens — ce vieux sage souvent ignoré — plaide avec insistance pour un remaniement drastique.
La question qui brûle les lèvres de chacun est simple : quels ministères fusionner, et lesquels peut-on enfin railler d’un trait de plume ? Commencez par un ministère de l’invisible, celui qui, ironiquement, personne ne semble connaître : le ministère de la Paix et de la Sérénité imperturbable. Non, sérieusement, que fait-on ici ? Nous avons certains ministres foncièrement incompétents.
Nombre d’entre nous ne savaient même pas que certains ministères existaient jusqu’à ce que des rumeurs susurrent qu’il y en a des occupants. Et que dire du ministère de l’Excuse et de la Justification perpétuelles ? Un bastion de l’art de parler beaucoup pour ne rien dire. Il est grand temps que ce poste cesse d’être un refuge pour ceux qui justifient l’injustifiable.
Certains départements pourraient, avec une pointe de logique, être fusionnés pour créer des super-structures efficaces. Imaginez un Ministère de l’Éducation, de l’Agriculture et de la Science Combinées. À première vue absurde ? Peut-être, mais leur fusion pourrait entraîner une alimentation scolaire directe des connaissances en nutrition dans le programme éducatif, tout en inculquant des méthodes agricoles innovantes.
Pourquoi également ne pas unir les Affaires Intérieures avec celles de l’Impassibilité ? Nous aurions enfin un ministère chargé non seulement des affaires étrangères mais aussi des affaires dont personne ne se charge… c’est l’innovation! Enfin, la sélection naturelle démocratique devrait achever de mettre en sommeil le Ministère des Choses et Objets Étranges, habile dans l’art de transformer le trivial en prioritaire.
Les gabegies répétées et scandales futiles en sont le souffle distinct et régulier. En supprimant cette entité, nous perdrons sans doute la source où l’on puisait nos rires désespérés, mais peut-être, gagnerons-nous en efficacité. Il est grand temps d’envisager cette réorganisation herculéenne sous un angle sérieux, sans pour autant nous priver d’un brin de sarcasme pour alléger le propos.
Si l’urgence est bien de répondre aux défis de la guerre, alors que l’incompétence institutionnelle cède enfin la place à une gouvernance efficace. Le défi est grand, mais l’espoir demeure, même dans cette tragique comédie ministérielle. Peut-être un jour pourrons-nous nous émerveiller devant un gouvernement non pas sculpté dans l’argile de l’ineptie, mais forgé dans le feu de la perspicacité.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













