Dans un acte de révolte légitime, l’Association des Professeurs de l’Université facultaire des Sciences de l’Information et de la Communication (APUSIC) a tiré la sonnette d’alarme. Lors de leur Assemblée générale extraordinaire du 23 août, les professeurs ont mis en lumière un constat accablant : l’UNISIC, censée être un bastion de savoir et d’excellence, est gangrenée par des pratiques administratives plus que douteuses.
Loin d’être un simple épiphénomène, le “recrutement irrégulier et intempestif” dénoncé par l’APUSIC est le symptôme d’une institution en déroute. Comment peut-on accepter que le personnel académique et administratif soit engagé sans respecter les normes élémentaires ? C’est un véritable camouflet pour la crédibilité de l’université et, plus grave encore, pour l’avenir des étudiants qui s’y inscrivent.
La demande d’annulation de toutes les inscriptions au troisième cycle est une exigence qui ne peut être que saluée. Comment peut-on envisager d’accueillir des étudiants dans un cadre aussi chaotique ? Les dirigeants de l’UNISIC semblent avoir oublié que l’éducation ne se résume pas à une simple transaction de diplômes, mais qu’elle doit reposer sur des bases solides et équitables.
Le vice de procédure en matière d’inscription n’est pas un simple détail administratif ; c’est un affront à l’intégrité même de l’institution. Les professeurs, en exigeant le renvoi des dossiers des nouvelles recrues aux instances compétentes, montrent une détermination exemplaire à restaurer une forme de décence dans la gestion des ressources humaines de l’université.
Comment peut-on tolérer que des décisions irréfléchies et précipitées continuent d’alimenter le désordre ? La réhabilitation de la commission de gestion concertée est une nécessité urgente pour rétablir une gouvernance transparente et responsable. Les rapports, que les membres de l’APUSIC ont auditionnés, révèlent un non-respect “flagrant” des dispositions académiques.
C’est une situation qui frôle le scandale. Les corps et structures de l’université, dont les recommandations ont été ignorées, doivent se demander si leur engagement pour l’amélioration des conditions de travail et d’étude a encore un sens dans un tel climat d’incompétence. L’UNISIC, jadis symbole d’excellence, se retrouve aujourd’hui sur le fil du rasoir.
Il est grand temps que ses dirigeants prennent conscience de l’urgence d’une réforme profonde. Les professeurs, en se levant contre ces dérives, rappellent à tous que l’intégrité académique et l’avenir des étudiants sont des valeurs qui ne sauraient être sacrifiées sur l’autel de la négligence administrative. Il est temps d’ouvrir les yeux et de redresser la barre avant qu’il ne soit trop tard.
L’APUSIC a montré la voie ; il appartient désormais aux dirigeants de l’UNISIC de faire preuve de responsabilité et de courage pour restaurer la dignité de cette institution. Un arbre mal planté ne donnera jamais de bons fruits. Des recrutements irréguliers et précipités ne mèneront pas à des résultats positifs, tant pour l’institution que pour ceux qui en font partie.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR












