Kisenso, cette charmante commune où l’innovation municipale se mesure à la capacité de ses autorités à ne rien faire. Oui, vous avez bien entendu. Le dernier chef-d’œuvre bureaucratique de notre cher bourgmestre, Godet Atswel, est un projet d’octroi de permis de séjour pour les résidents temporaires qui n’a même pas réussi à passer le cap du traitement par le Conseil communal.
Dans un élan de communication qui frôle le génie, le bourgmestre de la commune de Kisenso a cru bon d’informer le public que ce projet, que tout le monde attendait avec une impatience quasi palpable (ironie, quand tu nous tiens), n’est rien d’autre qu’un projet. Oui, mesdames et messieurs, une simple idée, jetée là comme un papier froissé dans une poubelle.
Un projet qui attend patiemment dans le limbo bureaucratique, comme un étudiant qui n’a pas encore rendu son devoir à la date limite. Il est fascinant de voir comment les autorités de Kisenso ont réussi à transformer une idée aussi basique que l’octroi de permis de séjour en un monument à l’inefficacité. Qui aurait cru qu’un document aussi essentiel puisse rester en suspens sans que personne ne s’en émeuve ?
Peut-être que le Conseil communal est trop occupé à discuter de la couleur des bancs publics ou à planifier des réunions sur les réunions pour se pencher sur des questions aussi futiles que le statut de résidence de ses concitoyens. Le communiqué du bourgmestre, signé avec une fierté sans pareille, laisse entrevoir une vision d’avenir.
Un avenir où les résidents temporaires de Kisenso pourront, peut-être un jour, bénéficier d’un permis de séjour. Mais pour l’instant, ils doivent se contenter de… rien. Que ceux qui espéraient un semblant de progrès se rassurent : l’inaction est l’état d’esprit du moment. Alors, que faire ? Peut-être commencer par un grand brainstorming sur la question ?
Ou pourquoi pas une belle affiche dans la commune pour faire savoir que la proposition d’action est, en fait, une simple proposition et qu’elle pourrait rester ainsi pour l’éternité ? En attendant, les résidents temporaires, ces malheureux en quête de reconnaissance légale, peuvent se consoler en se disant qu’au moins, leur situation inspirera peut-être un jour un projet qui restera également non traité.
Quel progrès ! Et voilà, Kisenso, où les projets non traités deviennent des légendes urbaines. Si vous cherchiez un exemple éclatant de l’inefficacité municipale, ne cherchez pas plus loin. Le permis de séjour, c’est pour demain. Ou peut-être pour jamais.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













