Saluant vivement les projets initiés par le président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo pour la reconstruction du pays, Steve Mbikayi justifie le passage du quinquennat au septennat par le fait que la RDC est profondément délabrée, et qu’un mandat de 5 ans ne peut suffir pour le remettre sur le rail. Cet ancien ministre martèle que les changements préconisés par lui, une fois votés par voie référendaire, auront un incident de remise à zéro sur des mandats constitutionnels déjà consommés.
Justin Mukaya: c’est tout simplement de l’escroquerie. D’abord, je désire souligner que de telles propositions des lois ne peuvent pas être l’œuvre dudit député mais d’une main noire qui influence derrière. Mais aussi, la politique au Congo, on la fait pour se faire de l’argent. Ainsi, ils doivent faire tout leur possible afin de maintenir celui qui leur a fait gagner de l’argent au pouvoir. Je trouve qu’il y a plus important que ceux qu’ils sont en train de faire comme proposition de loi. Une fois, la Constitution changée, on risque d’avoir Félix Tshisekedi au pouvoir pendant au moins 19 ans car ce mandat qu’il est sur le point de finir sera invalide dans la nouvelle Constitution. Ainsi, il aura la possibilité de se représenter deux fois et faire un mandat de 14ans. Mais au-delà de tout, je peux te promettre que Félix est un incapable, ce n’est pas un homme d’actions, on peut même lui offrir 30 ans, il ne fera rien et rien car ce sera que pour son avantage et celui de son entourage. La population doit se lever afin que des telles lois ne soient pas adoptées. L’avenir de la RDC est en jeu, ainsi, on ne laissera personne l’abîmer à cause de ses propres intérêts égoïstes. Ou sinon, ce que tu dois savoir est que je suis contre ça comme proposition de loi, le pays n’appartient à personne et surtout pas à ce régime incapable et qui ne fait que régresser le pays depuis son accession au pouvoir. Je propose du réalisme, tout simplement. Jusqu’à maintenant, les signaux du régime actuel ne donnent pas espoir. Il ne faut jamais donner plus de temps à un politicien congolais, car il en profitera pour se faire de l’argent. Quelqu’un qui peut changer les choses, on le sent dès la première minute de sa prise de pouvoir.
Joël Kawita: c’est son point de vue aussi, Mbikayi est un citoyen congolais comme moi et toi. Donc, il a ses opinions tout comme tu peux aussi en avoir. On ne peut pas réviser la Constitution parce que Mbikayi a dit, il a juste proposé, il revient au Parlement d’étudier sa proposition. La constitution n’est pas n’importe quel document qui doit être revu pour plaire à un individu ou à un groupe d’individus.
Henry Henock Laky : l’économie n’est pas bien gérée, C’est presque toutes les marchandises qui augmentent de prix. Il faut l’interpeller et l’écouter.
Cécile Mpia: c’est du n’importe quoi, si je comprends bien ici au Congo chaque président a ses propres stratégies pour se maintenir longtemps au pouvoir. L’ancien président l’a fait à sa manière et aujourd’hui, on passe par des intermédiaires pour rester à la magistrature suprême. On appelle ça manipulation. Certes Mbikayi trouve son intérêt dans ce prolongement du mandat, c’est pourquoi il en veut autant.
Djo Kabika: dans le cadre de la nouvelle session législative de mars, plusieurs propositions ou projets de loi ont été déposés à l’Assemblée nationale pour examen. Il y a également la proposition de loi faite par le Député national, Steve Mbikayi, qui suggère que le mandat du Président de la République devra passer de 5 à 7 ans. La Constitution du pays ne ferme pas la porte à la possibilité de la réformer. Cependant, l’interrogation repose sur l’opportunité de cette proposition de révision. Ailleurs, comme en Gambie ou au Sénégal, c’est plutôt le problème de la réduction de la durée de mandat qui se pose. Sauf une volonté de vouloir se maintenir le plus longtemps possible au pouvoir, il y a dans cette proposition aucune volonté de résoudre un problème qui revêt un caractère patent. En effet, la limite du mandat du Président de la République a fait l’objet d’intenses discutions de presque l’ensemble de congolais à Sun City. Finalement, elle a été fixée à 5 ans avec possibilité de renouvellement une fois, et entérinée par référendum. Ce qui est plus inquiétant, c’est le fait que cette limite fait partie des articles considérés comme intangibles dans l’article 220 de la loi fondamentale. Quelle forme prendra son adoption ? Sera-t-elle votée par les 500 députés ou ce sera par référendum pour permettre aux congolais de s’exprimer encore une fois sur ce point? L’article 219 proscrit toute révision constitutionnelle pendant l’état d’urgence. Mais, il ne précise pas s’il n’est applicable que pour l’ensemble du territoire national ou que celui-ci s’applique également dans un contexte où une partie du territoire est sous état d’urgence, comme c’est le cas pour certaines provinces de l’Est. Toutefois, la crainte est que l’adoption de cette proposition de loi soit interprétée comme un boulevard qui s’ouvre à toute forme de révision, parfois inopportune voire même machiavélique, des dispositions constitutionnelles frappées d’intangibilité. C’est ça la problématique.
Propos recueillis Clarisse Tshibola













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