Dans un pays où les cicatrices de conflits armés sont encore béantes, où les cris de désespoir résonnent au quotidien, le comportement des autorités congolaises semble défier la logique. Pourquoi ce silence assourdissant face à la douleur d’une population qui, déjà endeuillée par des années de guerre, doit faire face à des tragédies qui s’apparentent à des sacrifices spirituels ?
Que se passe-t-il réellement lorsque des événements censés célébrer la vie et la culture se transforment en scènes de désolation ? Il est intéressant de se demander pourquoi des événements comme la Francophonie ou des Kermesses, qui ont duré plus longtemps avec une affluence soutenue, n’ont pas engendré autant de morts.
Est-ce que la nature des célébrations, leur organisation ou le contexte socio-politique en sont la clé ? En effet, la Francophonie a su rassembler des nations différentes dans un esprit de convivialité, sans que des tragédies ne viennent assombrir l’événement. Un contraste frappant avec les spectacles qui, sous couvert de célébrations spirituelles, semblent provoquer plus de souffrances que d’allégresse.
D’un autre côté, les matchs de football, souvent opposants de clubs rivaux, se déroulent généralement sans incidents majeurs dans la même enceinte. Pourquoi ces événements, qui rassemblent des supporters de bords opposés, peuvent-ils se dérouler dans un climat de compétition saine alors que des spectacles religieux ou culturels se transforment en tragédies ?
Ne serait-il pas temps de repenser la manière dont nous organisons ces événements, et de considérer la responsabilité des organisateurs dans ces contextes ? Il est crucial de poser la question : qui doit assumer la responsabilité des vies fauchées dans ces événements tragiques ?
Les organisateurs de spectacles, souvent motivés par des intérêts financiers ou de notoriété, doivent-ils être tenus pour responsables des conséquences de leurs actions ? Les mots de Ngiama Makanda Werrason, évoquant la confirmation de l’entrée de Mike Kalambay dans la cour des grands, résonnent comme un cri d’alarme. À quel prix cette ambition personnelle a-t-elle dû se réaliser ?
Face à cette spirale de morts, une question se pose avec acuité : ne serait-il pas temps d’interdire ces événements qui n’apportent que désolation ? La culture ne devrait-elle pas être synonyme de rassemblement et de joie, plutôt que de souffrance et de larmes ? Les autorités congolaises doivent prendre conscience de l’urgence de la situation.
Le gouvernement congolais doit réévaluer ses priorités, et agir pour protéger les vies de ses concitoyens. Il est temps d’interroger nos valeurs et nos choix culturels. Pourquoi continuer à soutenir des événements qui semblent, au fond, sacrifier une partie de la population sur l’autel d’intérêts personnels ? L’état congolais est laïque et doit le demeurer.
Point besoin d’instaurer insidieusement une théocratie via les églises dites révélées. À l’heure où la RD Congo est à la croisée des chemins, il est impératif que les autorités prennent la mesure du désarroi de toutes ses populations équitablement et agissent en conséquence. Les voix des endeuillés ne doivent pas tomber dans l’oubli, mais devenir un puissant appel à la responsabilité collective.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













