RDC: la débrouillardise et l’entrepreneuriat pour pallier au chômage

Ce n’est pas un secret de polichinelle. Le chômage bat son plein au pays de Patrice Lumumba. Ce sont les jeunes constituant plus de la moitié de la population qui sont les plus touchés.

En dépit du chômage criant et grandissant, les jeunes ne restent pas les bras croisés. Ceux-ci avouent qu’ils sont en grande difficulté pour s’en sortir malgré les coups de main :  » Moi, pour lutter contre le chômage, je fais la cordonnerie professionnelle c’est-à-dire, je fabrique des chaussures de toute sorte. Ce qui m’a motivé à faire ce métier est notamment le chômage vu que je n’avais rien à faire à la maison, pourquoi ne pas me lancer dans la cordonnerie pour pouvoir gagner ma vie. Et cela depuis 13 ans » a expliqué un jeune cordonnier.

Le manque du travail chez les jeunes, serait aussi à la base de la délinquance juvénile et du phénomène  » Kuluna » tant décrié. À en croire ces jeunes, la responsabilité incombe plus au Gouvernement qui n’arrive pas à mettre en place un système pouvant aider a donner du travail aux jeunes.  » Dans ce pays, si tu ne fournis pas tes propres efforts, tu ne vas pas t’en sortir car l’État ne donne pas du travail aux jeunes. Moi, je suis un fabricant des Braseros et c’est ce qui me permet de survivre » Les jeunes Kinois sont réputés pour leur courage, malgré le taux du chômage et de pauvreté élevé. Ils ne baissent pas les bras et arrivent toujours à se créer une activité leur permettant d’avoir le pain quotidien. C’est le cas notamment de ces deux jeunes qui ont trouvé chacun une activité.  » Je suis ajusteur et je fais ce métier depuis 1993, je fabrique notamment des chariots, des portails…etc. Grâce à ça, je gagne ma vie et me sent responsable » a martelé un ajusteur trouvé au marché Libulu. Une autre jeune, un peu plus cultivée, a fait savoir qu’elle est étudiante en Sciences infirmières. Mais vu le chômage au pays, elle s’est lancée au métier de styliste, Celle-ci confectionne des articles à base des pagnes (sacs, boucles d’oreilles, montre, chaussures etc).

En même temps, elle dispense des formations aux autres pour qu’elles apprennent également et commencent à gagner leur vie » a argué la jeune styliste et entrepreneuse. L’accès à l’emploi des jeunes demeure un problème crucial en RDC, un véritable défi à relever. D’après les derniers sondages, sur un échantillon de 100 jeunes, 75% des jeunes n’ont pas de travail et 25% ne trouvent pas d’emploi dans leurs filières d’études. Pour quelques opportunités qui leur sont proposés, l’exigence de plusieurs années d’expérience professionnelle constitue un obstacle majeur.

Bampende Tshishimbi, Stagiaire IFASIC

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