Au cœur de Lubumbashi, le 12 août 2024, se tenait une rencontre marquante qui a rassemblé des acteurs clés du secteur privé autour de Miguel KASHAL, le Directeur Général de l’Autorité de Régulation de la Sous-Traitance dans le secteur Privé (ARSP). Alors que le pays aspire à une croissance économique durable et inclusive, cette réunion avait pour objectif d’explorer les défis et les opportunités liés à la sous-traitance en République Démocratique du Congo.
La sous-traitance est un sujet délicat en RDC, souvent synonyme de pratiques opaques et de non-respect des normes. L’ARSP a été mise en place pour encadrer ce secteur, mais son efficacité est souvent remise en question. Dans un pays où les ressources sont abondantes mais la gestion souvent critiquée, le rôle de KASHAL et de son autorité est d’autant plus crucial.
Au cours de cette rencontre, KASHAL a exposé les principaux défis auxquels fait face l’ARSP. Il a souligné que la régulation de la sous-traitance est essentielle pour garantir la transparence, la concurrence loyale et la protection des droits des travailleurs. Il a aussi abordé les préoccupations des entreprises locales, qui se sentent parfois écrasées par la concurrence des multinationales.
“Notre mission est de créer un environnement où les entreprises congolaises peuvent prospérer, tout en garantissant que les normes de qualité et de responsabilité sociale sont respectées”, a-t-il déclaré. Loin des discours habituels, KASHAL a proposé une vision audacieuse pour l’avenir de la sous-traitance en République Démocratique du Congo.
Il a plaidé pour une transformation radicale des mentalités, suggérant que les entreprises cessent de voir la sous-traitance uniquement comme une opportunité de réduction des coûts. “Il est temps de voir la sous-traitance comme un levier de développement économique et social”, a-t-il affirmé. Cette approche iconoclaste a suscité des réactions mitigées.
Certains participants ont salué cette vision, tandis que d’autres ont exprimé leurs doutes quant à la capacité de l’ARSP à imposer des changements significatifs dans un environnement économique souvent hostile. Pour illustrer ses propos, KASHAL a invité plusieurs entrepreneurs locaux à partager leurs expériences. Mieux vaut un bon sous-traitant que mille promesses.
L’un d’eux, propriétaire d’une PME dans le secteur de la construction, a témoigné : “La sous-traitance peut être un outil puissant, mais nous avons besoin de soutien et de protection contre les abus. Nous voulons jouer un rôle actif dans la croissance de notre économie.” Ce témoignage a mis en lumière une réalité souvent ignorée.
La sous-traitance peut être bénéfique si elle est régulée de manière appropriée, mais elle nécessite un engagement fort de la part des autorités et des acteurs du secteur. La rencontre au Pullman Karavia a été un moment de réflexion et de débat sur un sujet crucial pour l’avenir économique de la RDC.
Miguel KASHAL, avec sa vision audacieuse et son appel à un changement de paradigme, a ouvert la voie à des discussions essentielles sur la manière de réguler efficacement la sous-traitance. Qui délègue sans contrôler, risque de laisser filer. La supervision et le contrôle dans les relations de sous-traitance pour éviter des problèmes de qualité ou de conformité.
Alors que le pays continue de naviguer dans les turbulences de son développement, l’ARSP pourrait jouer un rôle clé dans la transformation du paysage économique congolais, à condition que les acteurs du secteur privé s’engagent à travailler ensemble pour bâtir un avenir plus prometteur. Mettre en lumière les enjeux, les défis et les opportunités qui se présentent, tout en appelant à une prise de conscience collective sur la nécessité d’une régulation efficace et équitable.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













