La question de la monnaie est au cœur des systèmes économiques et politiques dans le monde entier. En République démocratique du Congo, le débat quant à la nécessité de rééquilibrer les droits de l’État et les libertés individuelles en matière de monnaie n’a jamais eu lieu.
Alors que les États semblent jouir d’un pouvoir absolu dans ce domaine, les particuliers en RDC sont souvent exclus de la prise de conception et de décision. Cette réalité se heurte à une perspective de redonner le pouvoir régalien à l’État tout en préservant les droits individuels.
La monnaie est avant tout une confiance cristallisée. C’est cette dernière qui se transmet en principe dans le temps et dans l’espace. C’est d’ailleurs le problème fondamental du Franc Congolais. Sa valeur intrinsèque non convertible n’aspire aucune confiance cristallisée dans le temps ni dans l’espace.
La monnaie comme outil de souveraineté
L’État a traditionnellement joué un rôle central dans l’émission et la gestion de la monnaie, en tant qu’outil de souveraineté économique et politique. Pourtant, cette autorité a souvent été utilisée pour des intérêts partisans, au détriment du bien-être général. Il est donc essentiel de repenser la manière dont l’État exerce ce pouvoir, en le rendant plus transparent et responsable.
Promouvoir la participation citoyenne
Pour rétablir l’équilibre, il est nécessaire de permettre une plus grande participation citoyenne dans les décisions liées à la monnaie. Les particuliers doivent avoir la possibilité d’exprimer leurs opinions et d’influencer les politiques monétaires. Le centre financier de Kinshasa doit servir à cela pour diffuser la confiance à plus grande échelle dans le territoire national et bien au-delà. Des mécanismes de dialogue et de consultation doivent être mis en place pour garantir une prise de décision collective et démocratique.
Encourager l’innovation et la concurrence
Une approche iconoclaste consisterait à encourager l’innovation monétaire et à favoriser la concurrence entre différentes formes de monnaie. La bourse congolaise devrait normalement voir le jour pour permettre une plus grande compréhension des instruments financiers nationaux et internationaux au peuple congolais.
Au lieu de monopoliser le pouvoir de création monétaire, de convertibilité et de protection des échanges commerciaux, l’État pourrait ouvrir la voie à des initiatives privées, tout en réglementant et en protégeant les intérêts publics. Cela stimulerait la concurrence sur la diversité de la confiance monétaire cristallisée et favoriserait l’émergence de solutions adaptées aux besoins spécifiques des citoyens.
Garantir la stabilité et la confiance
Bien que la participation citoyenne et l’innovation soient essentielles, il est également crucial de garantir la stabilité et la confiance dans le système monétaire. L’État doit jouer un rôle actif dans la régulation et la supervision du système, en veillant à ce que la monnaie reste un outil fiable d’échange et de valeur. Des politiques monétaires responsables sont nécessaires pour éviter l’inflation galopante ou la dévaluation excessive.
Rétablir l’équilibre entre les droits de l’État et les libertés individuelles en matière de monnaie en RDC est un défi complexe mais essentiel. En permettant une plus grande participation citoyenne, en favorisant l’innovation et la concurrence, et en garantissant la stabilité, il est possible de créer un système monétaire plus équitable et inclusif. En repensant la manière dont la monnaie est gérée, la RDC peut ouvrir la voie à une nouvelle ère de prospérité économique et de démocratie financière.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













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