Du zèle à la servilité, le fanatique politique devient un parasite. C’est une réalité toxique. Celle des Djalelistes, ces courtisans modernes qui troquent leur dignité contre des miettes de pouvoir. Leur existence n’est pas une fatalité, mais le symptôme d’un système qui pervertit l’engagement. Pire, elle contamine une jeunesse tentée par les mêmes travers.
Comment briser ce cycle ? Les Djalelistes prospèrent dans un terreau d’ignorance et de peur. Il faut armer la jeunesse d’outils intellectuels pour démasquer les manipulateurs en intégrant des cours d’analyse des discours politiques dès le secondaire et en décryptant les techniques de manipulation (langage flatteur, victimisation, promesses creuses et depuis peu terrorisme numérique).
Il faut organiser des débats contradictoires obligatoires dans les écoles, avec des règles strictes : pas de louanges gratuites, seulement des arguments. Un jeune qui sait penser est un courtisan en moins. Il faut remplacer l’adulation par l’exigence. La jeunesse doit cesser de vénérer des leaders comme des messies et exiger des comptes. Il serait utile de Promouvoir des contrats citoyens.
Avant de soutenir un politique, il faut exiger par écrit des engagements précis (transparence, résultats, sanctions en cas de trahison), boycotter les discours creux : ne plus applaudir les phrases vides (“Je vous aime !”, “L’avenir c’est vous !”) et exiger du concret. Un leader qui refuse d’être challengé est un tyran en herbe. Il faut valoriser les modèles de résistance, pas de soumission.
Les médias glorifient les opportunistes. Montrons d’autres exemples en créant des “Panthéons des insoumis”. Documenter et célébrer les figures historiques ou contemporaines qui ont dit non au pouvoir corrompu (pas seulement les martyrs, mais aussi les artistes subversifs). Financer des bourses pour jeunes lanceurs d’alerte : encourager ceux qui dénoncent les abus plutôt que ceux qui les couvrent.
Un parasite meurt avec son hôte. Un résistant inspire des générations. Il faut bannir l’enrichissement facile lié au pouvoir. Le Djalelisme est une stratégie de survie économique. Coupons-lui les vivres. Instaurer la transparence totale des revenus des proches du pouvoir (famille, “conseillers”, militants payés) et créer des emplois publics réservés aux jeunes critiques.
Il faut des postes dans les médias, les ONG ou les institutions pour ceux qui refusent la flagornerie. Quand la corruption ne paie plus, les flatteurs disparaissent. Il faut faire de la politique un champ de bataille d’idées, pas de privilèges. La jeunesse doit reconquérir l’espace politique comme un lieu de confrontation intellectuelle, non de distribution de prébendes. Il faut organiser des “tournois de contre-discours”.
Des compétitions où les jeunes rédigent des argumentaires pour démonter la propagande en place et sanctionner les partis qui recrutent des “militants mercenaires” : via des campagnes de naming and shaming ou des amendes. Une idéologie qui ne supporte pas la critique est une dictature en gestation. Les Djalelistes ne sont pas une espèce innée, mais le produit d’un système qui récompense la lâcheté.
La jeunesse doit choisir : devenir une génération de parasites ou une génération fossoyeuse de ce modèle. Les cinq propositions ci-dessus ne sont pas des solutions miracles, mais des armes pour un combat nécessaire. Car le pire n’est pas la servilité des uns, mais la complicité silencieuse des autres. La jeunesse qui apprend à mordre plutôt qu’à lécher construit des démocraties, pas des cours.
François Anga Kupa / Lobjectif.net













