Dans un développement inattendu au sein de la province du Sud-Kivu, le gouverneur Jean-Jacques Purusi a décidé de révoquer Dorothée Masirika Nganiza, Ministre Provinciale de l’Économie, de l’Industrie, du Commerce, de l’Entrepreneuriat et de la Fonction Publique. Cette révocation pose la question de la gouvernance en RDC.
Cette décision, qui ébranle le paysage politique local, soulève des questions cruciales sur la gouvernance et la dynamique interne des partis politiques en RD Congo. Tous deux membres de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo (AFDC), Purusi et Nganiza sont censés travailler main dans la main pour promouvoir les intérêts de leur province.
Pourtant, la révocation de Nganiza, justifiée par des “actes coupables, répréhensibles et préjudiciables” à l’image du gouvernement, met en lumière des tensions internes au sein du parti. Ce n’est pas seulement une question de gestion politique, mais aussi un révélateur des rivalités qui peuvent exister même au sein des mêmes formations.
La décision de Purusi pourrait être interprétée comme une réaction à des critiques croissantes sur la gestion économique de la province. Alors que le Sud-Kivu fait face à des défis économiques et sociaux importants, les attentes vis-à-vis des responsables politiques sont élevées. La révocation de Dorothée Masirika Nganiza est un épisode qui illustre les défis complexes de la politique en RDC.
En se séparant d’une ministre qui pourrait être perçue comme un bouc émissaire, le gouverneur tente peut-être de redorer son propre blason et de se distancer des failles d’une gestion collective. Dans un pays où la corruption et l’incompétence sont souvent dénoncées, il est crucial que les gouvernants se montrent exemplaires. La décision de Purusi pourrait être perçue comme un message fort.
La tolérance zéro pour les comportements jugés nuisibles à la crédibilité du gouvernement est actée. Cependant, cela soulève aussi des inquiétudes sur la transparence des processus décisionnels et le risque d’un climat de peur parmi les fonctionnaires. La situation actuelle appelle à une introspection au sein de l’AFDC et, plus largement, au sein du paysage politique congolais.
Au lieu de se concentrer sur des luttes de pouvoir internes, les responsables politiques devraient privilégier la coopération et la mise en place de stratégies communes pour le développement économique et social de la province. La révocation de Nganiza pourrait être l’occasion de réévaluer les priorités et de renforcer l’engagement collectif en faveur d’une gouvernance efficace.
Alors que le Sud-Kivu se trouve à un carrefour, il est impératif que les dirigeants trouvent des moyens de collaborer et de construire des institutions solides, plutôt que de se livrer à des querelles internes. La véritable force d’un gouvernement réside dans sa capacité à travailler ensemble pour le bien commun, et non dans la mise à l’écart des voix discordantes.
Ce qui est en jeu, c’est non seulement l’image du gouvernement, mais aussi l’avenir d’une province qui aspire à un développement durable et inclusif. Mieux vaut prévenir que guérir. Cette mesure permet d’éviter des comportements répréhensibles avant qu’ils ne necessitent une sanction. Chaque action a ses conséquences, et que des erreurs peuvent entraîner des sanctions appropriées.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













