L’opération qui a transformé Téhéran en un champ de suspicions et révélé l’effondrement du contre-espionnage iranien. Un coup de maître du Mossad qui combine infiltration, désinformation et frappe chirurgicale. L’opération “Rising Lion”, lancée par Israël dans la nuit du 12 au 13 juin 2025, restera comme l’une des campagnes de renseignement les plus audacieuses du siècle.
En moins de cinq jours, le Mossad a réussi à éliminer les principaux commandants militaires iraniens, dont le général Mohammad Bagheri (chef d’état-major) et Hossein Salami (commandant des Gardiens de la Révolution), en les attirant dans un piège mortel via une réunion factice, détruire des infrastructures nucléaires clés comme Natanz et Isfahan, grâce à des drones pré-positionnés en Iran depuis des mois.
Des engins parfois dissimulés dans des rochers ou des camions commerciaux et paralyser les défenses aériennes iraniennes en saturant les radars avec des essaims de drones low-cost avant l’arrivée des F-35 israéliens. Pour garantir l’effet de surprise, Israël a orchestré une campagne de désinformation à plusieurs niveaux : Benjamin Netanyahu a feint de se concentrer sur le mariage de son fils en Galilée.
Des “fuites” médiatiques ont laissé croire à des tensions entre Israël et les États-Unis. Le Mossad a même simulé une sixième ronde de négociations nucléaires pour endormir Téhéran. L’après-“Rising Lion” a plongé l’Iran dans une crise de paranoïa sans précédent. Les rues de Téhéran sont désormais tapissées d’affiches exhortant les citoyens à dénoncer tout comportement “suspect”.
“Signalez les masques anti-Covid et chapeaux de nuit” (une référence aux méthodes de camouflage du Mossad). “Volets fermés en journée ? Bruits anormaux ? Alertez les autorités !”. Malgré des exécutions régulières de “traîtres”, les services de sécurité iraniens n’ont pas détecté l’infiltration de centaines d’agents du Mossad, dont des Iraniens recrutés et formés comme commandos.
La dissémination de drones et missiles cachés dans le pays, activés à distance le jour J. Le contre-espionnage iranien est obsédé par les menaces intérieures alors qu’Israël opérait sous leurs yeux depuis des années. “Rising Lion” marque un tournant dans l’art de la guerre moderne, où l’intelligence artificielle et les opérations clandestines supplantent les affrontements conventionnels.
La “supériorité relative” par les drones : Comme l’Ukraine avec l’Opération Spider’s Web, Israël a prouvé que des essaims de drones low-cost peuvent neutraliser des défenses sophistiquées. La guerre cognitive : En frappant depuis l’intérieur de l’Iran, le Mossad a instillé un doute permanent : “Qui est un traître ?”, sapant la confiance du régime en ses propres institutions.
L’effondrement des “lignes rouges” : Les frappes intra-territoriales rendent obsolètes les concepts de frontières et de sanctuaires stratégiques. Si “Rising Lion” a humilié Téhéran, elle a aussi renforcé temporairement le régime, en galvanisant un sentiment nationaliste. Les hashtags #Iran_ra_pas_midarim (“Nous protégeons l’Iran”) ont fleuri sur les réseaux sociaux, y compris parmi les dissidents.
Mais cette unité est artificielle. Le peuple défend la patrie, pas les mollahs. Quand les bombes cesseront, les comptes seront réglés. Israël a-t-il seulement retardé le nucléaire iranien, il a aussi retardé la chute d’un régime incapable d’offrir un avenir à sa jeunesse et de régler des problèmes économiques quotidiens d’un peuple instrumentalisé sur la haine d’un autre peuple à qui la promesse de destruction est faite systématiquement.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













