Ce mardi matin, la situation est tendue sur la Route Nationale N°1, un axe vital du Kongo Central. À Luila, des centaines de riverains sont descendus sur la chaussée, érigeant des barricades de fortune, brûlant des pneus et paralysant complètement le trafic.
À l’origine de ce mouvement de colère : l’insécurité galopante causée par les groupes de jeunes délinquants appelés “Kuluna”.
Malgré les appels à l’aide lancés depuis des semaines, les habitants de cette localité se disent abandonnés par les autorités politico-administratives. Les patrouilles de police sont rares, les interventions tardives, et les victimes trop nombreuses. vols, agressions à la machette, violences nocturnes : le phénomène Kuluna n’est plus un fait divers, mais un mal endémique qui s’installe dans le tissu quotidien des populations.

« Nous avons crié, supplié, prévenu. Mais personne ne nous a écoutés », témoigne un habitant, visiblement excédé. « Maintenant, nous prenons la route en otage, parce que nous sommes, nous-mêmes, pris en otage dans nos propres maisons. »
Sur les images partagées par Papy Lutonadio, correspondant local, on voit une RN1 totalement congestionnée, des véhicules bloqués sur plusieurs kilomètres, et une foule décidée à ne pas bouger tant qu’une réponse concrète ne leur sera pas apportée.
Ce soulèvement populaire, bien que pacifique, met en lumière le divorce croissant entre population et autorité, mais aussi la perte de confiance dans les mécanismes traditionnels de sécurité. Dans une province charnière comme le Kongo Central, la paralysie de la RN1 n’est pas qu’un acte de protestation : c’est une alerte rouge pour la gouvernance sécuritaire.
Madame Amina Panda Kani Laka, administratrice du territoire de Muanda, appelait récemment à la vigilance et à la collaboration entre communautés et services de sécurité. Mais aujourd’hui, la colère populaire semble dépasser les mots et réclamer des actes.
Enjeux et perspectives :
- Cette situation interpelle : quelle stratégie les autorités vont-elles mettre en œuvre pour restaurer l’ordre ?
- Le phénomène Kuluna, longtemps perçu comme un problème urbain, s’enracine désormais jusque dans les localités rurales.
- La rupture du dialogue entre la base et les gouvernants ne peut plus être ignorée. La population, elle, ne veut plus survivre, elle exige de vivre.
David NTUMBA, journaliste indépendant













