Une onde de choc historique vient de traverser le continent africain. Dans un moment solennel qui marquera à jamais la conscience collective, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, appuyée par la société civile du continent, a officiellement reconnu et condamné le génocide perpétré en RD Congo.
Cette décision courageuse représente bien plus qu’une résolution diplomatique : c’est un acte de justice mémorielle qui redonne sa dignité à un peuple martyrisé depuis trois décennies. La minute de silence observée dans le cabinet du ministre Samuel Mbemba résonne comme un hommage puissant aux millions de victimes congolaises, mais aussi comme le symbole de la fin d’un long silence complice.
Pendant trop longtemps, la communauté internationale a détourné le regard tandis que se perpétuaient dans l’Est du Congo les pires atrocités. Aujourd’hui, l’Afrique ouvre les yeux et dit la vérité : ce qui s’est passé et continue de se passer au Congo relève bien du génocide. Cette reconnaissance n’est pas le fruit du hasard. Elle couronne un combat méthodique, scientifique et diplomatique d’une rare ténacité.
Sous l’impulsion du Président Félix Tshisekedi, la RDC a mené un travail de documentation rigoureux à travers le SIAVAR et le FONAREV, présentant des preuves irréfutables qui ont su convaincre les instances continentales. Les images authentiques des massacres, présentées aux commissaires et ambassadeurs, ont parlé d’elles-mêmes : la vérité, une fois exposée, devient impossible à ignorer.
La double résolution adoptée représente une avancée juridique et morale considérable. La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, en s’appuyant sur le Rapport Mapping des Nations Unies – ce document accablant qui dormait trop longtemps dans les tiroirs – a fait œuvre de justice. Sa résolution ne se contente pas de constater : elle condamne fermement les violations graves et massives des droits humains commises depuis 1997 par des acteurs étatiques et non étatiques.
Cette reconnaissance continentale constitue une victoire diplomatique majeure pour la RDC et son gouvernement. Elle démontre l’efficacité d’une approche coordonnée, alliant le leadership présidentiel, l’engagement de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka et le travail opérationnel du ministère des Droits humains dirigé par l’infatigable Samuel Mbemba, porteur du plaidoyer pour une justice réparatrice.
Si cette reconnaissance représente une étape décisive, le ministre Samuel Mbemba a raison d’appeler à poursuivre le combat. La vérité doit maintenant conduire à la justice. Les recommandations formulées par ces résolutions – notamment l’identification et la punition des auteurs – devront être mise en œuvre avec la même détermination qui a présidé à ce combat pour la reconnaissance.
Le chemin reste long, mais une barrière psychologique et politique essentielle vient de tomber. Le monde ne pourra plus prétendre ignorer. L’Afrique, dans un sursaut de conscience salutaire, a dressé le miroir de la vérité face à l’horreur. Elle offre au peuple congolais, enfin, la reconnaissance de sa souffrance et ouvre la voie vers une justice attendue depuis trop longtemps.
Cette décision historique restera dans les annales comme le moment où l’Afrique a assumé son rôle de gardienne de la mémoire et de la dignité de ses peuples. Le Congo, ce géant meurtri, peut enfin espérer voir ses blessures reconnues et, peut-être, commencer à guérir.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













