Samuel Okwaraji : Un destin brisé

Certainement l’ombre de Samuel Okwaraji, l’ancien international nigérian et avocat de profession avec une maîtrise en droit, joueur professionnel au SSC Ulm en Allemagne de l’Ouest avait plané sur la dernière rencontre Nigéria-Angola en quarts de finale de la Coupe d’Afrique des nations CAN 2023. Un match terminé par la qualification des « Super Eagles » du Nigéria 1-0, but d’Ademola Lookman à la 41ème minute.

Et pour cause ? Nous étions à Lagos Stadium le 12 août 1989 . Ce jour-là dans un stade rempli comme un œuf, devant un public chauvin chauffé à blanc. A la 80 ème minute, les locaux menaient déjà par 1-0 contre les « Palancas negras » d’Angola dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du monde 1990 en Italie. Quand soudain, le milieu du terrain Samuel Okwaraji s’effondra sur la pelouse malgré le secours.

Il ne survivra plus. Evacué avec une civière les yeux convulsés, il décéda en direct victime d’une insuffisance cardiaque due à l’hypertension et à l’atrophie du cœur. Samuel Okwaraji, l’avenir du pays, un joueur très prometteur qui marqua un but matinal (2ème minute) en 1988 face aux Lions Indomptables du Cameroun au Maroc en phase-finale de leur groupe.

Une perte incommensurable pour la nation nigérianne et pour sa famille, il n’avait que 25 ans. Il fut pleuré par tout un peuple. Le match Angola-Nigéria a réveillé dernièrement ce souvenir douloureux. En tout cas dans ma vie, j’ai vu deux joueurs décéder en direct : le Zaïrois Bobutaka Bokina( 26 ans) de Vita-Club en 1984 à Kinshasa, l’espoir du football zaïrois à l’époque et Marc Vivien Foe du Cameroun en 2003 en France (28 ans) .

Dans un sport qui demande un effort physique intense pendant 90 minutes, cela nécessite obligatoirement un suivi médical très poussé de la part des encadreurs des clubs. Raison pour laquelle aujourd’hui avant de recruter un joueur, ce dernier est soumis à une batterie d’examens cardio-vasculaires et autres pour éviter les accidents et morts subites sur le terrain.

Chose que les Africains ont toujours attribué à la sorcellerie, aux croyances mystiques et à des sacrifices humains. Samuel Okwaraji, Bobutaka Baudoin, Marc Vivien Foe tous fauchés à fleur de l’âge. Le football « le sport-roi » donne du plaisir aux fanatiques mais pourrait aussi vite tourner à la fatalité. Heureusement, la médecine moderne et sa technologie veillent désormais.

Dary Abega / Lobjectif.net

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