Au cœur de l’Est de la RD Congo, la prise de Rubaya par l’AFC-M23 et les bombes qui ont ravagé Mugunga révèlent une tragédie insoutenable. Ce qui frappe n’est pas seulement l’horreur de ces actes criminels, mais l’abasourdissant silence qui les entoure. Une nation tétanisée, paralysée dans son incapacité à dénoncer avec vigueur ces atrocités qui ont coûté la vie à de nombreux innocents.
Au milieu de cette tragédie, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication semble jouer un rôle ambigu. Les journalistes, jadis les gardiens de la vérité, se trouvent désormais muselés par la peur des représailles, incapables d’accomplir leur devoir de informer et de dénoncer. Les nouveaux thuriféraires du régime, la RD Congo en a toujours eu ( Imana engulu, Lushima Ndjate, Lambert Mende et aujourd’hui Christian Bosembe etc), pensent détenir le monopole de l’amour de cette nation.
L’ivresse du pouvoir a fait perdre à certains le sens commun de la réalité. A la place de museler la presse, la nation devrait crier son ras-le-bol. Il n’est pas normal qu’un seul congolais meurt par balle étrangère sur le sol congolais. Toute la presse congolaise devrait d’ailleurs avoir une publication quotidienne sur ces horreurs pour que le monde entier comprenne notre douleur.
Face à ces crimes odieux perpétrés par les ennemis de la RD Congo, le pays ne peut se permettre de rester silencieux. Il est temps de briser cette apathie, de donner voix aux victimes, et de défier ceux qui cherchent à plonger la nation dans les ténèbres de la terreur. La RD Congo ne doit pas seulement pleurer ses morts, mais aussi se dresser avec courage pour exiger justice et faire entendre la vérité.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













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