Dans le silence assourdissant des autorités, les atterrissages fréquents d’hélicoptères non identifiés à Wamba, dans le Haut-Uélé, continuent d’empoisonner la vie des habitants. Combien de vies faudra-t-il perdre avant que le gouvernement ne prenne enfin des mesures décisives ? Quel est le seuil de menace nécessaire pour agir ?
Dans un territoire où la présence de Corneille Nangaa Yobeluo, chef rebelle de l’Alliance Fleuve Congo sévit en toute impunité, maintenir son petit-frère au pouvoir sans la moindre mesure conservatoire relève de la folie. Ce jeu trouble, alimenté par des pots-de-vin destinés à faciliter l’infiltration des éléments rebelles, est une tragédie en gestation.
La presse congolaise, pourtant au courant de cette situation alarmante, semble paralysée par la peur depuis les événements tragiques impliquant Chérubin Okende et Stanis Bujakera. La priorité semble être donnée aux faits divers plutôt qu’à la question brûlante : pourquoi tolère-t-on un gouverneur impliqué jusqu’au cou dans l’insécurité et frère biologique du principal chef rebelle qui sème la mort, impliqué ?
La province du Haut-Uélé, en bordure de la République centrafricaine et du Sud-Soudan, est un territoire à la merci de forces obscures. Les contingents rwandais d’un côté, les éleveurs Mbororo armés jusqu’aux dents de l’autre et le lien fraternel du gouverneur sortant Baseane Nangaa avec Corneille Nangaa chef de la coalition AFC-M23, n’ont toujours pas suffi à convaincre les autorités de l’imminence d’une action meurtrière contre notre peuple.
Les ramifications dangereuses de certaines autorités nationales et leurs tergiversations coupables ne peuvent suffire à contenir les éléments criminels en collusion avec le pouvoir corrompu épinglé par l’IGF pour les 61 millions de dollars détournés. Ce dernier dossier pourtant transmis par l’Inspection Générale des Finances à la justice n’a pas suffi à dissuader le corrupteur en chef de se représenter.
La corruption endémique et l’octroi des carrés miniers ne peuvent remplacer la lucidité et la responsabilité à ce niveau de fonction. Les services de sécurité et de renseignement ne jouent pas non plus leurs rôles et seraient alors de mèche avec l’ennemi. Le danger de la situation sécuritaire dans le Haut-Uélé exige une prise de conscience collective.
Se dresse alors en tant que rempart le chef de terre de la chefferie de Wando, Grand Chef Constant Lungagbe, seul capable de contrer cette spirale de violence. Permettre que la terreur s’installe à Isiro, capitale de la province du Haut-Uélé serait une trahison impardonnable envers le peuple congolais. Ce dernier plaide pour une traduction de tous les traitres devant la justice.
Le Haut-Uélé demeure dans l’attente d’une main ferme pour ramener la paix et la sécurité dans cette région autrefois épargnée par le chaos. Le despotisme anonyme de la nébuleuse Grande Orientale en connivence avec des acteurs principaux de cette situation effroyable est difficile à renverser tant que le pouvoir provincial est laissé aux mains de deux bandits biologiques.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













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