Subornation des témoins : le verdict de JP Bemba attendu dans six mois

Pour Jacques Djoli, Inspecteur du MLC, cette annonce de la CPI prouve à suffisance que l’invalidation de la candidature de JP Bemba à la présidentielle du 30 décembre 2018 était irrégulière d’autant plus que la CPI n’a jamais dit qu’elle a clôturé le dossier JP Bemba dans l’affaire de subornation des témoins.

Donc, le jugement Bemba n’a jamais été irrévocable. A l’époque, c’était tout simplement un jugement d’instrumentalisation politique. Encore que ce sera une décision finale sur la subornation, ceux qui ont fait des raccordements frauduleux avec la corruption savent qu’ils n’ont pas dit le droit. L’objectif était de créer un boulevard pour un dauphin. Et malheureusement, le dauphin s’est noyé.

Pour rappel, Jean-Pierre Bemba a en effet été condamné par la CPI en 2017 à un an de prison et à 300 000 euros d’amende pour subornation de témoins dans le cadre de son procès. Celui qui est surnommé le « Mobutu miniature » avait été reconnu coupable d’avoir corrompu 14 témoins, présenté de fausses preuves et sollicité la déclaration de faux témoignages.

Argent et cadeaux

L’ex-chef de guerre, ses avocats Aimé Kilolo et Jean-Jacques Mangenda, ainsi que le député du parti MLC, Fidèle Babala, et le témoin de la défense, Narcisse Arido, avaient versé de l’argent et donné des cadeaux à des témoins ou leur avaient promis une installation en Europe en échange d’un faux témoignage devant la CPI.

La cour d’appel a confirmé la culpabilité de Bemba en mars, tout en demandant une peine plus lourde. La peine maximale pour subornation de témoins est cinq ans d’emprisonnement. Les juges de la CPI doivent se prononcer lundi à 15 heures (13 h GMT).

Cette condamnation pour subornation de témoins s’est révélée être une véritable épine dans le pied pour le Congolais, qui nourrit encore de grandes ambitions politiques. Il avait déposé sa candidature à la présidentielle début août après un retour triomphal à Kinshasa suite à son acquittement en appel par la CPI. Mais le 4 septembre, la Cour constitutionnelle a définitivement invalidé sa candidature, confirmant une décision de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

Soutien à Martin Fayulu

Dans un entretien à la presse, Jean-Pierre Bemba s’était déclaré prêt à soutenir un candidat unique de l’opposition. « Si les élections se déroulent dans le respect des conditions mentionnées, et si l’opposition s’unit derrière un candidat, alors oui, je pourrais faire abstraction de ma personne. Je soutiendrai quelqu’un et je le ferai gagner », déclare-t-il. C’est ainsi qu’il avait apporté son appui à Martin Fayulu dans le cadre de la plateforme LAMUKA. Fort malheureusement, son soutien n’a pas suffi pour faire gagner Martin Fayulu. Juste après, l’ex-chef rebelle, qui passait pour l’un des favoris à la succession de Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, a dénoncé une parodie d’élections.

 

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