Ce jeudi 9 avril 2026, lors de la septième audience du dossier opposant les enfants Mushobekwa/Likulia à Philémon Mambabwa, la cour a enregistré une déposition susceptible de fragiliser l’édifice accusatoire. Malaïka Mambabwa Zegbo, 17 ans et fille du prévenu, a livré une chronologie détaillée de la nuit du 20 au 21 décembre qui contraste nettement avec la trame d’une séquestration planifiée.
L’adolescente affirme avoir organisé une soirée exclusivement féminine avec l’aval paternel, avant que son amie Sakina n’impose la présence de son petit ami Claudien, fraîchement débarqué à Kinshasa. Un invité qui, contre toute promesse, s’est présenté flanqué de deux acolytes inconnus de la maisonnée. Devant les juges, la mineure a décrit une situation ayant dégénéré en raison du comportement des jeunes gens eux-mêmes.
Alors qu’elle tentait de gérer cette intrusion non désirée, elle indique que Sakina et Claudien se sont isolés dans sa propre chambre durant plus d’une demi-heure, laissant les deux autres visiteurs errer dans la propriété. C’est précisément à cet instant critique, au moment où la porte de la chambre s’ouvrait enfin, que Philémon Mambabwa serait rentré d’une fête, découvrant des individus inconnus dans son domicile.
Selon Malaïka, la réaction paternelle s’est limitée à une mesure de rétention administrative : consigner les intrus à la guérite dans l’attente de la convocation des parents au petit matin. Le témoignage écorne sévèrement plusieurs piliers de la version servie par les plaignants. L’adolescente balaie d’un revers de main la justification des médicaments avancée par les garçons pour expliquer leur présence nocturne, qualifiant cette histoire de pure “mise en scène”.
Plus lourd de conséquences juridiques, elle réfute catégoriquement l’existence d’une séquestration dans une cage pour êtres humains, précisant que les seules structures grillagées de la villa sont des volières de taille réduite destinées à la basse-cour. Cette déclaration sous serment, livrée par un témoin direct au cœur du foyer, installe un doute sérieux sur la narration d’une violence préméditée et rétablit, à ce stade des débats, la thèse d’une gestion paternelle certes musclée mais réactive face à ce qui est présenté comme une violation de domicile nocturne par des inconnus.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













