La Commission Électorale Nationale Indépendante (Ceni) est le théâtre d’une vive agitation, où le questeur Agée Matembo s’oppose fermement aux ordres de son supérieur, Denis Kadima, et des hautes instances du pouvoir. Ce dernier a même été brièvement retenu à la Demiap pour avoir osé contester la volonté d’un régime déterminé à imposer la révision de la Constitution à tout prix.
Un témoin présent à Kinshasa le 5 novembre décrit la scène : « Le pouvoir veut avancer à marche forcée. Il cherche à obtenir cette révision constitutionnelle sans attendre, et il veut le faire rapidement. » Ce même jour, le professeur André Mbata, constitutionnaliste de renom, a été en contact avec Kadima pour élaborer les modalités d’un référendum qui semble plus que jamais inévitable.
Tout cela dans le but de débloquer les fonds nécessaires à cette opération controversée. La précipitation est de mise : la totalité de l’équipe dirigeante de la Ceni a été convoquée en urgence pour discuter des premiers contours de ce référendum. Une source au sein de la Ceni n’hésite pas à affirmer que « l’objectif est de passer outre l’accord de l’Union sacrée de la nation ».
Pourtant, la cacophonie règne : tous les membres de l’institution ne s’accordent pas sur la marche à suivre. Agée Matembo, en bon Katangais au sein d’une Ceni dominée par les Kasaïens, s’illustre en défiant les directives imposées par ses supérieurs, craignant les conséquences d’une telle réforme sur une population déjà sur le qui-vive.
Un observateur averti souligne qu’il n’en est pas à son coup d’essai, mais cette fois, son refus lui a valu une arrestation aux alentours de 22 heures, le 5 novembre. Après une nuit passée dans les locaux de la Demiap, il a été relâché avec une injonction claire : « Adapte-toi, participe au déblocage des fonds pour le référendum. »
Ce projet de révision de la Constitution, loin de rassembler, pourrait bien devenir l’étincelle qui met le feu aux poudres en République Démocratique du Congo. La tension est palpable, et les enjeux sont si élevés qu’on peut s’interroger sur l’avenir politique d’un pays déjà en proie à des tumultes.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













