Dans un monde où les enjeux diplomatiques sont plus cruciaux que jamais, il est presque comique de voir Thérèse Kayikwamba Wagner, notre Ministre des Affaires Étrangères, confondre son rôle avec celui d’un ministre à la recherche de destinations exotiques. Qu’a-t-elle accompli sur la scène internationale, à part collectionner des tampons sur son passeport et se perdre dans des discours creux ?
Son dernier coup d’éclat ? La décision de confier la production des passeports congolais à une entreprise privée allemande. Pendant que des millions de Congolais attendent désespérément des avancées concrètes, Mme Kayikwamba Wagner préfère faire appel à une firme étrangère, délocalisant ainsi un pan entier de notre souveraineté.
On se demande si elle a seulement pris le temps de lire le manuel de la diplomatie, ou si elle est trop occupée à s’auto-congratuler pour ses voyages futiles. Et parlons un peu de l’Hôtel des Monnaies de la Banque Centrale du Congo, cette institution qui a été créée précisément pour produire nos imprimés de valeur. Il semble que le rôle de cette entité ait échappé à Madame la ministre.
Qui, en toute inconscience, infantilise l’élite congolaise en laissant entendre que nous avons besoin d’une aide étrangère pour gérer nos propres affaires. C’est presque tragique, et pourtant si révélateur d’une mentalité qui semble croire que tout ce qui vient de l’étranger est par essence meilleur. La promesse d’une imprimerie en RDC par la firme allemande ressemble à un conte de fées.
Pourquoi ne pas rêver un peu plus grand ? Pourquoi ne pas imaginer un monde où nos propres capacités sont renforcées, plutôt que de dépendre de la charité étrangère ? Il est temps de rappeler à Mme Kayikwamba Wagner que la souveraineté nationale ne se négocie pas, et que confier des informations sensibles à des entreprises privées est, au mieux, une imprudence, et au pire, une trahison.
Nous l’avons écrit dans “De l’Éphémère à l’Archivage des Données”. Et que dire des implications économiques ? Chaque euro dépensé à l’étranger est un euro qui ne revient pas dans notre économie. Chaque emploi transféré à l’étranger est un coup de poignard porté à la dignité des Congolais. La logique est simple si nous voulons bâtir un Congo fort, indépendant et prospère.
Nous devons arrêter de gaspiller nos ressources au profit de firmes étrangères. Il est grand temps que le gouvernement prenne conscience de l’urgence de la situation et résilie ce contrat aberrant. Renforçons l’Hôtel des Monnaies afin qu’il puisse remplir ses missions régaliens, et assurons-nous que les passeports congolais soient fabriqués par des Congolais pour des Congolais.
Après soixante-quatre ans d’indépendance, il est temps de prendre notre destin en main, et de montrer à Thérèse Kayikwamba Wagner que la souveraineté et le progrès ne se trouvent pas dans des avions, mais dans notre capacité à croire en nous-mêmes et à nos institutions.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













