La déclaration du professeur Bob Kabamba, l’un des architectes de la constitution de 2006 en RDC, selon laquelle « tout changement de constitution est un coup d’Etat », suscite des débats passionnés. Cette affirmation soulève des questions sur la légitimité des révisions constitutionnelles et leur impact sur la stabilité politique d’un pays.
Il est temps d’explorer cette thèse en examinant les dynamiques politiques en RDC et les implications des changements constitutionnels. La constitution de 2006 a été adoptée dans un contexte de transition démocratique après des décennies de conflits et d’instabilité. Elle a été conçue pour établir un équilibre des pouvoirs, promouvoir les droits de l’homme et garantir la participation citoyenne.
Toutefois, la réalité politique de la RDC a souvent contourné ces idéaux, avec des gouvernements successifs cherchant à modifier la constitution pour prolonger leur mandat ou renforcer leur pouvoir. Un changement de constitution peut être perçu comme une réponse nécessaire aux évolutions sociopolitiques d’un pays.
Cependant, en RDC, ces changements sont souvent perçus comme des manœuvres opportunistes. Par exemple, la révision de 2011 a été largement critiquée pour avoir favorisé le maintien au pouvoir de Joseph Kabila. Cette situation alimente l’idée que tout changement constitutionnel est, en effet, un coup d’Etat déguisé, visant à contourner les règles démocratiques établies.
L’idée que les modifications constitutionnelles sont des coups d’État a des conséquences profondes sur la confiance du public envers les institutions. Lorsque les citoyens perçoivent leurs dirigeants comme prêts à manipuler la loi pour leur propre avantage, cela engendre un sentiment de désillusion et de méfiance. La déclaration de Bob Kabamba mérite une attention sérieuse.
Par conséquent, la légitimité du gouvernement est érodée, ce qui peut mener à des mouvements de contestation et à des crises politiques. Elle invite à une réflexion approfondie sur la nature des changements constitutionnels en RDC et leur impact sur la démocratie et la stabilité politique.
Alors que la nécessité d’adapter les lois fondamentales peut être légitime, il est crucial de veiller à ce que ces changements soient guidés par des principes démocratiques solides et non par des ambitions personnelles ou partisanes. La RDC, en tant que nation, doit naviguer prudemment entre l’évolution nécessaire et le respect des normes constitutionnelles pour garantir un avenir politique stable et inclusif.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













