Le mercredi 11 septembre 2021, un incident tragique s’est produit à Kasindi, une cité frontalière de Beni, au Nord-Kivu. Jeannette, une jeune fille souffrant de troubles mentaux, a perdu la vie en étant électrocutée par un poteau électrique tombé au sol, laissé là par une Société nationale d’électricité (SNEL) apparemment peu soucieuse de la sécurité publique.
Cette tragédie soulève des questions cruciales sur la gestion des infrastructures électriques et la responsabilité des autorités face à la vulnérabilité des personnes en situation de handicap. Jeannette n’est pas seulement une victime isolée. Elle est le reflet d’une réalité inquiétante à Kasindi et dans de nombreuses provinces de la RD Congo.
La défaillance des infrastructures et l’absence de mesures de sécurité adéquates mettent en danger la vie des citoyens, en particulier les plus fragiles. La situation de Jeannette nous rappelle que derrière chaque chiffre et chaque statistique, il y a des vies humaines, souvent négligées par ceux qui sont censés les protéger. Les véritables valeurs de la vie résident dans les relations.
La SNEL, en tant qu’entité responsable de l’électricité dans la région, doit être mise face à ses responsabilités. Ce n’est pas la première fois que des accidents de ce type se produisent en raison de l’inefficacité et de l’inattention. Combien de vies devront encore être perdues avant que des mesures concrètes soient prises pour garantir la sécurité des infrastructures électriques ?
Il est impératif d’exiger une enquête approfondie sur les circonstances entourant cet incident. Comment un poteau électrique peut-il se retrouver au sol sans que des actions soient entreprises pour sécuriser la zone ? La mort tragique de Jeannette nous rappelle également la nécessité d’un effort collectif pour sensibiliser la population sur les dangers potentiels des infrastructures électriques défaillantes.
La négligence doit être dénoncée et des comptes doivent être rendus. Les jeunes et les adultes doivent être informés des risques associés à ces installations, mais il est tout aussi essentiel que des mesures préventives soient mises en place pour protéger les plus vulnérables, notamment les personnes souffrant de troubles mentaux. La perte de Jeannette est une tragédie qui ne devrait pas être oubliée.
Elle doit servir de catalyseur pour un changement réel. Les autorités locales, la SNEL et la population doivent prendre conscience de l’urgence d’agir pour éviter que de telles tragédies ne se reproduisent. Ce n’est qu’en faisant preuve de responsabilité et de solidarité que nous pourrons espérer un avenir où la sécurité et la dignité de chaque citoyen, en particulier des plus vulnérables, seront respectées.
La mort de Jeannette ne doit pas être vaine ; elle doit être le point de départ d’une prise de conscience collective et d’une action déterminée pour un Kasindi plus sûr. La vie ne se mesure pas à la quantité de respirations, mais aux moments qui nous coupent le souffle. Les expériences et émotions dans la vie sont cruciales, plutôt que de se focaliser uniquement sur des mesures quantitatives.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













