Ils se présentent en “experts”, affublés de titres ronflants et de passeports occidentaux comme on exhibe un brevet de respectabilité volée. Mais sous le cuir des fauteuils genevois, ce sont des fossoyeurs de la patrie qui s’installent ce lundi 13 avril 2026. La liste des délégués du RDF/M23 pour le 9e round des pourparlers est un véritable annuaire de l’ambiguïté criminelle et de la trahison d’État.
On y croise sans surprise les soldats politiques du maître de Kigali : Benjamin Mbonimpa, René Abandi, Jean-Paul Shaka ou encore Donat Muganza. Mais ce qui transforme ce document signé Bertrand Bisimwa en pièce à conviction pour la Haute Cour de l’Histoire, c’est la présence dans la colonne des “Experts” de Claude Ibalanky Ekolomba. L’homme qui fut le coordonnateur du Mécanisme national de suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba – ce verrou censé protéger notre souveraineté.
Et pire, l’ex-Envoyé spécial de Félix Tshisekedi. Voir ce nom accolé à ceux qui planifient le dépècement de l’Est, c’est la preuve clinique que l’ennemi n’est plus seulement à nos frontières mais qu’il a gangrené jusqu’aux antichambres du pouvoir. Il faut que la Nation fixe ces visages et retienne ces patronymes comme on grave une insulte sur le marbre du déshonneur. À Genève, la délégation du chaos affiche une diversité de façade qui ne trompe personne.
On y trouve les figures historiques du rwandais Benjamin Mbonimpa et René Abandi, mais aussi, plus cynique encore, la valise diplomatique des diasporas complices. Justine Mbabazi Rukeba parade avec son passeport canadien, Cédric Fiema Pundu Yange agite son passeport suisse, tandis que Franck Mwe Di Malila et Jean-Félix Mupande Kapwa télécommandent la vente aux enchères de notre sous-sol depuis les conforts européens et américains.
Ces gens ne risquent rien. Ils ne verront ni la peur dans les yeux des déplacés de Goma, ni la sueur des Wazalendo qui meurent pour défendre ce qu’ils vendent dans des salles climatisées. Ils sont les mercenaires en col blanc d’une guerre qui vise à transformer le Kivu en protectorat de Paul Kagame, avec la complicité active ou passive de certains à Kinshasa. Leur présence est un doigt d’honneur adressé à plus de 12 millions de morts congolais tombés depuis 1996 pour que ce sol reste nôtre.
Alors que les armes crépitent encore dans le Nord-Kivu, ces messieurs-dames “négocient” les modalités de notre servitude sous l’œil bienveillant des médiateurs internationaux. Ils osent parler d’avenir, eux dont l’héritage ne sera que cendres et potences dans les livres d’école de nos enfants. Ce 9e round n’est pas une négociation : c’est une cérémonie d’humiliation nationale. Claude Ibalanky, Jean-Pierre Alumba Omokoko, Chantal Murekatete Kayitaba et leurs acolytes doivent savoir que la République a une mémoire longue et un peuple vigilant.
Qu’ils se terrent derrière les vitres blindées de l’Intercontinental de Genève aujourd’hui ; demain, la vérité de l’Histoire les rattrapera, et leur nom sera synonyme de ce que le Congo a produit de plus abject : des fils qui ouvrent la porte de la maison familiale aux voleurs pour un plat de lentilles et une tape sur l’épaule de Kagame.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













