Alors que l’Union européenne se gargarise de ses principes éthiques et de ses régulations sur les « minerais propres », un scandale éclabousse le Luxembourg, cœur financier de l’UE. Traxys, géant du négoce basé au Grand-Duché, est accusé d’alimenter les conflits en RD Congo via l’achat de coltan suspect, blanchi au Rwanda et revendu à l’industrie high-tech mondiale .
Derrière ces transactions, se cachent des réseaux mafieux, des militaires rwandais et l’ombre des « partenariats stratégiques » européens. Entre Traxys, le Luxembourg et le Rwanda, il y a une complicité économique avérée. L’enquête accablante de Global Witness révèle que Traxys a acheté 280 tonnes de coltan rwandais en 2024, alors que le Rwanda ne produit quasiment pas de coltan.
Les preuves indiquent que ce minerai provient de Rubaya, zone contrôlée par les terroristes du RDF/M23, équipés, financés, armés et dirigés par Kigali . Il y a clairement un rôle trouble du Luxembourg. Ce pays, siège de Traxys, a bloqué des sanctions européennes contre le Rwanda en mars 2025, malgré les preuves de son implication dans le trafic de minerais . Coïncidence ?
Le Luxembourg, un paradis fiscal, profite aussi des flux financiers opaques liés à ce commerce. C’est lui qui a mis en place la machine à blanchir qui sert à Kagame de cacher ses crimes odieux. On retrouve le Luxembourg au Rwanda, dans Gasebo et la Bourse de Kigali. La raffinerie Gasebo, sanctionnée par l’UE en 2025, est un maillon clé. Elle transforme l’or et le coltan pillés en RDC.
C’est elle qui les estampille « made in Rwanda » avant exportation vers Dubaï et l’Europe . La Bourse de Kigali, présentée comme un outil de « transparence », est en réalité une façade. Les exportations de coltan rwandais ont doublé depuis 2021, alors que le pays n’a pas de gisements crédibles . Le Luxembourg joue donc le rôle de banquier et conseiller financier du régime de Paul Kagame.
Les profits alimentent les caisses du Front patriotique rwandais (FPR) de Paul Kagame, qui soutient et ordonne les crimes commis par le RDF/M23 en RDC. Des documents montrent que les rebelles prélèvent 15% de taxes sur le coltan de Rubaya . Il y a une hypocrisie européenne qui a signé des partenariats avec un État receleur, ce qui a conduit à des silences coupables.
En février 2024, l’UE signe un « partenariat stratégique » avec le Rwanda pour sécuriser l’accès aux minerais critiques, dont le tantale (issu du coltan) . Pourtant, la Commission savait. Les rapports de l’ONU et d’ONG dénoncent depuis des années le pillage systématique de la RDC par le Rwanda. Mais Bruxelles préfère fermer les yeux, aveuglée par sa quête de « diversification » face à la Chine .
Face à ces faits d’une gravité extrême, la réponse lâche de Traxys révulse. La société se cache derrière des « audits » et le système ITSCI, un programme de traçabilité décrié pour son inefficacité (90% des minerais suivis par ITSCI seraient en réalité illicites) . Les conséquences de cette complicité sont la guerre, la misère et les crimes odieux. En RDC, le conflit a tué des millions de personnes et en a déplacé autant.
Les mines de Rubaya rapportent 800 000 $ par mois aux terroristes du RDF/M23, qui massacrent et violent sous le regard passif de l’ONU . En Europe, tous les smartphones et voitures électriques sont tachés de sang. Apple, Tesla et d’autres sont indirectement liés à ces filières criminelles. Il y a urgence d’agir. Traxys et le Luxembourg incarnent l’échec moral de l’Europe.
Derrière les discours sur l’« éthique », des entreprises et gouvernements profitent d’une guerre oubliée. Il faut geler l’accord UE-Rwanda et sanctionner Traxys. Rendre publics les flux financiers liés au coltan. Poursuivre les complices : banques, raffineurs et États complices. Le coltan de la mort doit cesser d’enrichir les bourreaux. Honte à ceux qui détournent le regard.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













