Un ralliement de plus pour des desseins inavoués : telle pourrait être la devise de Twirwaneho, ce groupe criminel qui, sous couvert d’autodéfense, révèle son véritable visage en rejoignant le RDF/AFC/M23. La scène, déjà saturée de ces acteurs douteux, voit désormais Twirwaneho quitter le costume de défenseur pour endosser celui de marionnettiste dans le théâtre de l’absurde qu’est devenu l’Est de la RDC.
Le lien entre Twirwaneho et le RDF/M23 n’est qu’un secret de polichinelle. Après tout, les masques finissent toujours par tomber. Loin d’être une surprise, leur union ne fait que confirmer ce que tout le monde savait sans vouloir l’admettre : ces factions, sous des bannières différentes, mènent un combat commun dicté par l’ombre du Rwanda, qui orchestre cette cacophonie de terreur au-delà de ses frontières.
Le timing de l’annonce est d’une sinistre ironie. Trois jours après l’assassinat du Général Rukunda Makanika, veneré par certains comme un ténor de la défense ethnique, le groupuscule voit naître en son sein un nouveau chef, Charles Sematama. Sa désignation par Kigali, après l’élimination de Makanika, qui était l’âme même de la « résistance », se lit comme une déconcertante orchestration de pouvoir.
Pourquoi donc choisir Voice of America pour cet aveu ? Peut-être est-ce là un dessein machiavélique pour masquer leurs intentions sous une légitimité sournoisement recherchée. La voix qu’ils utilisent n’est au fond qu’un énième voile destiné à brouiller les pistes de leurs forfaits sanguinaires dans l’impitoyable jeu d’échec dont les pions s’effondrent les uns après les autres.
Derrière cette farce se cache une réalité glaçante : l’alliance de ces groupuscules, sous l’œil bienveillant de Paul Kagame, n’a qu’un objectif – perpétuer un chaos dont le peuple congolais est la première victime. Sous prétexte de défendre des communautés, ces milices ne font qu’attiser les flammes d’un cycle infernal de violence et d’instabilité, stratégie classique d’usure et de division importée par Kigali.
Les implications géopolitiques de cette union sont préoccupantes. Non content de tirer les ficelles sur le terrain congolais, le Rwanda étend son influence via des relais contrôlés par l’intimidation et la terreur. Tandis que Twirwaneho et ses complices sabordent la paix fragile, la communauté internationale observe d’un œil indifférent, ne voyant dans ces événements que des échos lointains d’une tragédie déjà trop familière.
Il est temps de reconnaître ces alliés du désordre pour ce qu’ils sont : des artisans du malheur pilotés par des ambitions extraterritoriales du président Rwandais Paul Kagame en complicité avec son homologue Ougandais Yoweri Museveni. Démystifier leur propagande et leur fausse rhétorique d’autodéfense est crucial pour restaurer ne serait-ce qu’une once de stabilité dans cette région bouleversée.
La grande ironie, peut-être, réside dans cet espoir naïf que l’avènement d’alliances aussi litigieuses puisse un jour éveiller la conscience des autorités congolaises sur le danger existentiel qui menace la RDC – et la conscience – des acteurs internationaux et régionaux. Jusqu’alors, ce sont les Congolais qui souffrent au cœur d’un Etat de siège, non pas proclamé, mais sourdement subi.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













