Une réunion en vue pour sauver la CINAT

Les autorités congolaises ont répondu favorablement aux inquiétudes des employés. « Nous sommes conscients des problèmes au niveau de la cimenterie nationale », explique Julien Paluku, le ministre de l’Industrie.

Un audit a été mené, en 2016, pour identifier ces problèmes et le nouveau gouvernement prévoit de tenir « dans le courant de la semaine », une réunion « avec les ministres du portefeuille » la CINAT est sous la tutelle de deux ministères) pour évoquer les solutions possibles.« Nous projetons de nous réunir très rapidement pour traiter de la question du fonctionnement de la société avant qu’elle ne soit reprise, pour dégager les grandes options qui pourraient permettre à ce que les agents et la société puissent vraiment renaître de ses cendres, qu’elle fonctionne comme toutes les autres. » Julien Paluku précise que l’État congolais cherche à céder une partie de ses actions, et à ouvrir la cimenterie au privé.À Kimpese, au Kongo central, la Cimenterie nationale (CINAT) de RDC existe encore malgré les affres du temps. Elle a été construite sur demande du maréchal Mobutu en 1974. Ses employés, bien que non payés depuis près de 10 ans, continuent d’entretenir les outils de production, dans l’espoir de voir un repreneur lui redonner son prestige d’antan.L’usine n’a pas produit un sac de ciment depuis 2011. La production s’est officiellement arrêtée pour une simple pénurie de carburant, mais elle n’a jamais repris. Depuis, quelque 300 employés viennent sur le site, même le directeur, sans être payés ni recevoir de budget. Tout juste produisent-ils de temps à autre avec les moyens du bord un peu de poudre de calcaire.Justin NkuamaKhoto est le directeur de l’usine. Il travaille pour la cimenterie nationale depuis quarante ans : « C’est tout juste pour assurer la sécurité. Si on laisse tout ça, demain matin tout est cannibalisé, les machines et toute l’usine, de la carrière jusqu’à l’asséchage. »

Nostalgie des années 1980

La carrière se remplit d’eau en cette saison des pluies. Les pompes marchent toujours, le service technique a même imaginé un système de radeaux pour pallier certaines défaillances, comme l’explique Jean Hubert Fuawuna, l’un de ses responsables : « Nous avons eu des problèmes dans le passé. C’est comme ça que nous avons construit deux radeaux. Ça, c’est une concession CINAT. Avant de construire les deux radeaux, nous avons placé les motopompes là-bas. Même si le niveau d’eau monte, les radeaux montent, les motopompes et les moteurs ne sont pas noyés. »Cent trente mois sans salaires, de lancement d’appel à intérêts en proposition de repreneurs, c’est comme ça que les employés de la CINAT ont tenu. Avec leur conscience professionnelle et ce souvenir ému d’avoir reçu, dans les années 1980, le label du meilleur ciment d’Afrique.« C’est environ cent trente mois impayés à l’heure actuelle. Et dans ces conditions, vous pouvez vous rendre compte de la situation misérable que vit le personnel de la Cimenterie nationale, alors que cette cimenterie a fait la fierté du pays! Parce que nous avons produit, vers les années 1980, les meilleurs ciments d’Afrique. » a martelé Bienvenu Mamingi, responsable syndical de la CINAT.

 

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