Dans le grand théâtre de la vie, où chacun joue son rôle sur scène, il est des amis qui prennent la liberté de juger, de décortiquer et d’épingler ceux qui osent s’écarter de la voie qu’ils ont tracée. Ils prêchent la symétrie des pensées mais se transforment en inquisiteurs mordants, se délectant d’un procès en coulisses, alimenté par le mépris pour le “non-conformiste”, pour celui qui se permet de balancer un point de vue différent.
Notre interpellation se veut un cri révoltant et audible face à cette intolérance larvée. Nous, êtres complexes et nuancés, porteurs d’identités multiples, ne sommes pas des mannequins condescendants, façonnés suivant un moule uniforme. Non, nous sommes des exercices de libertés, des architectes de pensées diversifiées. Chacun a cheminé à sa manière dans ce vaste espace d’idées.
Chacun est forgé par des expériences uniques, et sculpté par des cultures diverses. Nos regards sont teintés des nuances de nos parcours respectifs et de nos objectifs particuliers. Et pourtant, dans cette cacophonie d’individualités, certains s’évertuent à réduire la conversation à une simplification insipide, érigeant un dogme dont ils deviennent les gardiens exclusifs.
C’est là que la vulgarité surgit, se mêlant aux conflits stériles et aux rancunes amères. Comme si tout débat qui n’entre pas dans leur cadre minuscule était une trahison. “Tu n’as pas le droit de penser autrement”, murmurent-ils, tandis qu’ils se complaisent dans leur petit monde de certitudes. Nous ne croyons pas au mythe de l’homme providentiel ; nous croyons à la puissance de l’intelligence collective.
À ceux-là, nous rappelons que notre engagement, notre modeste contribution sur le plan intellectuel, ne vise ni à occulter ni à dévaloriser qui que ce soit. Nous n’avons jamais prétendu être meilleurs; nos différends sont aussi légitimes que nos désaccords sont nécessaires. C’est dans la multitude des idées que naissent les solutions, loin de la monotonie d’une pensée unique.
Nos activités, mille choses à assumer, laissent peu de temps pour scruter le quotidien des autres dans le but de les critiquer. Nous avons mieux à faire : nous consacrer, avec passion, à notre Kongo, de notre tendre jeunesse jusqu’à ce moment. Ce pays, notre pays, ce joyau à chérir. Nous agissons avec nos propres ressources, investissant temps et énergie sans jamais rien attendre en retour, sauf la possibilité d’élever le débat.
Alors, qu’on nous reproche tout, mais jamais cette passion. Jamais cette fidélité à un idéal qui transcende nos individualités. Notre droit à la différence doit être célébré, et non stigmatisé. Chaque voix, lorsqu’elle est énoncée avec sincérité, mérite d’être entendue et respectée. La beauté réside dans la diversité, et la richesse du dialogue nous engage à construire ensemble un avenir où chacun a sa place et défend ses couleurs sans crainte de se voir réprimé.
À ceux qui ferment les portes à la multiplicité de la pensée, sachez que nous resterons là, prêts à dialoguer, à enrichir la conversation et à défendre le droit inaliénable d’avoir des opinions divergentes. Nous ne confondons pas le désaccord avec la trahison ; nous savons que l’intelligence collective émerge de la confrontation respectueuse des idées, et que chacun a sa place dans ce ballet complexe qu’est la vie.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













