Dans le cadre d’une récente conférence de presse à la RTNC, le Vice-Premier Ministre de la Fonction publique Lihau a présenté des mesures significatives visant à améliorer la situation des agents de santé dans le secteur public. Ces annonces, bien que positives, soulèvent des questions sur la nature du dialogue social et son efficacité dans la mise en œuvre de réformes durables.
Avec 34.851 agents alignés à la prime de risques, la reconnaissance des défis auxquels sont confrontés les professionnels de santé est indéniable. Toutefois, seulement 15.000 agents ont effectivement reçu cette prime, révélant un décalage entre les annonces et leur réalisation. De plus, la régularisation salariale de 91.117 agents de santé évoquée reste un sujet d’inquiétude.
Car elle dépendra de la mise en œuvre effective des décisions gouvernementales. Le réajustement de la rémunération de 5.177 médecins promus en grades, prévu pour la paie d’octobre 2024, représente une avancée. Cependant, la temporalité de cette mesure soulève des interrogations. Comment garantir que ces ajustements ne soient pas simplement des promesses électorales, mais des engagements concrets et durables ?
Malgré ces avancées, le dialogue social dans le secteur public semble souvent être un processus unidirectionnel. Les agents de santé et leurs syndicats doivent être intégrés de manière plus proactive dans les décisions qui les concernent. Le dialogue social ne devrait pas se limiter à des annonces ponctuelles, mais devenir un processus continu.
Elles permettent aux agents de santé de s’exprimer sur leurs conditions de travail et de rémunération. Le secteur de la santé est à un tournant. Les mesures annoncées peuvent potentiellement transformer le paysage du travail public, mais elles nécessitent un engagement sincère et continu de la part de l’État. Un dialogue social véritable et constructif est essentiel.
Un échange pour garantir que les annonces se traduisent par des améliorations tangibles dans la vie des agents de santé. Il est temps de dépasser les discours et d’instaurer une culture de la concertation, où chaque voix compte et où les décisions prises reflètent les réalités du terrain.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













