Dans le grand concert des nations, le Kongo, ce géant au cœur palpitant de l’Afrique, se retrouve souvent dans l’ombre de discours bien-pensants, de promesses creuses et de cynisme diplomatique. La France et la Francophonie, au lieu d’être des alliées, semblent parfois plus préoccupées par la préservation d’intérêts obscurs que par l’épanouissement des voix congolaises.
Il est temps de dire stop à cette indifférence répétitive et de revendiquer notre place sur la scène mondiale. Pourquoi devrions-nous continuer à promouvoir une nation étrangère, déjà engluée dans une dette abyssale de 2338 milliards d’euros, tout en soutenant un Rwanda dont les mains sont tachées du sang de nos concitoyens ?
La France, héritière d’un colonialisme qui a laissé des cicatrices profondes sur notre continent, doit comprendre que la véritable solidarité ne réside pas dans des discours condescendants, mais dans la reconnaissance et la promotion de nos propres cultures. Le temps de la Lingalophonie, de la Swahilophonie, de la Kikongophonie et de la Tshilubophonie est venu.
Ces langues ne sont pas seulement des moyens de communication ; elles sont les vecteurs de nos histoires, de nos luttes et de nos rêves. Elles portent en elles la richesse de notre identité, la profondeur de notre culture et la force de notre résilience. En les mettant en avant, nous ne faisons pas qu’affirmer notre existence, nous revendiquons notre droit à la dignité, à la mémoire, et à la reconnaissance.
La Lingalophonie, la Swahilophonie, la Kikongophonie et la Tshilubophonie ne sont pas de simples concepts linguistiques. Elles représentent un mouvement à construire, une rébellion contre l’oubli et le mépris. Elles incarnent notre refus d’être réduits à des stéréotypes, à des récits simplistes qui occultent la complexité de notre réalité.
En les célébrant, nous ouvrons la voie à une renaissance culturelle, à une réappropriation de notre destin. Mais que signifie véritablement cette réappropriation ? Cela signifie d’abord un rejet des discours qui ignorent notre douleur et notre histoire. Cela signifie aussi un appel vibrant à la solidarité authentique, celle qui questionne les rapports de force.
Celle qui défie les normes établies et qui ose rêver d’un avenir où nos voix sont entendues et respectées. La Francophonie, censée être un espace de partage et de solidarité, doit se transformer en un véritable tremplin pour nos cultures. Nous n’avons pas besoin d’un soutien qui se limite à des déclarations sans lendemain. Nous exigeons une reconnaissance de notre héritage.
Nous exigeons une valorisation de nos langues et une célébration de notre diversité. Ensemble, nous devons revendiquer notre autonomie. Cessons de nous soumettre aux diktats d’un système qui valorise les voix étrangères tout en méprisant les nôtres. Nous avons le pouvoir de créer des ponts entre nos cultures, de bâtir une communauté linguistique qui célèbre la richesse de notre pluralité.
La Lingalophonie, la Swahilophonie, la Kikongophonie et la Tshilubophonie doivent devenir des mouvements vivants, des expressions dynamiques de notre identité collective. Il est temps de faire entendre notre voix, d’exiger que notre histoire soit racontée par nous-mêmes, pour nous-mêmes. Une voix qui ne se contentera pas de murmurer dans l’ombre, mais qui s’élèvera avec force et détermination.
Une voix qui ne se pliera pas aux convenances des puissants, mais qui revendiquera sa place dans la lumière. Il est temps de rêver d’un avenir où nos langues seront célébrées, où nos cultures seront respectées et où notre dignité sera reconnue. Connaître ses racines, honorer ses ancêtres et promouvoir sa culture, c’est grandir avec des ailes.
Ensemble, nous pouvons construire cette réalité. Ensemble, nous pouvons revendiquer notre droit à être entendus. La Lingalophonie, la Swahilophonie, la Kikongophonie et la Tshilubophonie ne sont pas seulement des mots ; elles sont notre avenir. Réveillons nos voix, célébrons notre identité et bâtissons un monde où le Congo brille de mille feux.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













