C’est depuis le mois de décembre 2021 que la musique identitaire congolo-congolaise, la “Rumba” a été classée patrimoine culturel immatériel de l’Unesco après un très long processus grâce surtout à nos frères intellectuels de Congo-Brazzaville qui avaient joué un rôle prépondérant dans cette consécration, un événement.
Et depuis, quelles sont les initiatives qui ont été prises par nos autorités ? Aucune. Aucune initiative pour pérenniser la Rumba dans le temps et dans l’espace en vue de lui rendre ses lettres de noblesse. Aucune initiative pour faire rayonner cette musique dans le monde. Au contraire, ce qui se fait aujourd’hui entre les deux Congo n’a rien avoir avec la Rumba originelle.
Mais une sorte de musique folklorique mélangée avec de la technologie moderne saupoudrée des dédicaces interminables et en à plus finir. Une musique commerciale qui a tué notre véritable Rumba identitaire et notre créativité au plus mauvais moment, un phénomène surnommé “Music world”. Et si l’objectif de l’Unesco était de désacraliser notre musique ?
La Rumba qui n’est plus un patrimoine congolais est donc devenue à la portée de tous, un bien commun ? Les Anglo-saxons ont-ils besoin que le jazz, le rock’n roll, le blues soient reconnus par l’Unesco voire les Jamaïcains et leur reggae ? Sommes-nous sûrs que ce que font les Fally Ipupa, Ferré Gola, Koffi Olomide, Roga Roga, Werrason, Fabregas, Wazekwa aujourd’hui c’est de la musique Rumba ?
De grâce, les autorités congolaises de deux rives, cherchez-nous les aînés de la musique congolaise de la vieille école, ceux de Brazzaville comme les frères Mountouari( Pierre et Kosmos), Loko Massengo Djeskain et autres survivants de la Rumba.
Mettez-les ensemble avec ceux de la RDC, les rescapés Bombenga, Lokombe, Wuta Mayi, Dizzy Manzeku, Suzy Kaseya, Mavatiku, Malage, Faugus Izeidi, Maïka Munan pour une tournée planétaire sous le haut-patronage des deux gouvernements en vue de fêter cette reconnaissance de la valorisation de la Rumba avec faste avant qu’il ne soit trop tard.
Des concerts qui seront sauvegardés dans des supports audiovisuels et discographiques pour les futures générations comme ce fut le cas avec le Social Buena Vista Club à Cuba avec une constellation des anciennes gloires de la musique afro-cubaine vivant. Aujourd’hui, les jeunes musiciens congolais au lieu de nous jouer de la véritable (Rumba Fiesta ou Odemba) nous parlent plus d’auto-tune, de sold out, de streaming, de soundcloud et des U-Arena. Triste.
Sauvons la Rumba congolaise qui se noie dans le fleuve Congo sans secours ! Finalement les premiers fossoyeurs de la Rumba congolaise, c’est bien les congolais eux-mêmes.
Dary Abega / Lobjectif.net













