L’adage populaire “Nul n’est prophète chez soi” n’a peut-être jamais résonné avec autant de justesse que dans le cas du Ministre des Finances de la RD Congo, Doudou Fwamba Likunde. Alors que son nom est célébré dans les couloirs feutrés des institutions financières internationales, l’écho de ses succès semble étrangement étouffé sous le ciel de Kinshasa.
Il y a une ironie mordante à observer ce contraste : au moment même où les plus hautes instances mondiales lui décernent les lauriers de la réussite, une partie du microcosme congolais semble encore chercher la partition d’un concert de louanges pourtant amplement mérité. L’histoire retiendra pourtant que c’est sous sa houlette que le pays a accompli l’impensable : une entrée fracassante sur le marché des capitaux, saluée comme un coup de maître par ceux-là mêmes qui dictent les règles de l’économie mondiale.
La reconnaissance venue de l’autre rive de l’Atlantique est sans équivoque. En marge des Assemblées de printemps 2026 du FMI et de la Banque mondiale à Washington, le Ministre Doudou Fwamba Likunde s’est entretenu avec le Directeur général adjoint du FMI, Kenji Okamura. L’institution de Bretton Woods a officiellement salué “l’engagement du Gouvernement dans la mise en œuvre des réformes malgré un contexte international contraignant” et a tenu à “féliciter la RDC pour le succès de son Eurobond de 1,25 milliard USD, marquant une entrée historique sur les marchés internationaux dans des conditions favorables”.
Comme si cela ne suffisait pas, le Chef de mission du FMI pour la RDC, M. Calixte Ahokpossi, a réitéré ces éloges en soulignant les taux exceptionnels obtenus, fruit d’un “travail acharné du Ministre des Finances Doudou Fwamba”. L’opération, baptisée “Mbote” — un message au monde signifiant que “la RDC est prête et ouverte aux affaires” — a déchaîné un enthousiasme tel que la demande a dépassé de quatre fois l’offre publique, culminant à plus de 5,2 milliards de dollars de souscriptions.
Ce plébiscite des marchés ne doit rien au hasard : il est le fruit d’une discipline de fer et d’une orthodoxie budgétaire que l’Argentier national a imposée avec constance. Sous son magistère, le déficit budgétaire a été ramené à seulement 2,4 % du PIB en 2025, tandis que le ratio d’endettement a été contenu à 18,1 % du PIB — des chiffres qui feraient pâlir d’envie plus d’une économie émergente.
Le Président Félix Tshisekedi ne s’y est d’ailleurs pas trompé, qualifiant cette opération d’étape que l’histoire économique de notre pays retiendra et couronnant Doudou Fwamba pour avoir conduit cette mission “avec méthode, constance et discipline”. Le Ministre a promis que les fonds mobilisés financeront des projets structurants dans les infrastructures et l’énergie, tout en assurant une gestion “prudente et transparente”.
Alors que le monde salue l’avènement d’une RDC crédible sur l’échiquier financier mondial, il serait peut-être temps que les prophètes trouvent enfin des oreilles attentives en leur propre demeure. L’avenir économique du Congo s’écrit aujourd’hui en lettres de noblesse à Washington ; reste à savoir quand Kinshasa daignera en lire les premières pages.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













