Dans un monde où le pouvoir politique et l’autorité coutumière sont trop souvent perçus comme des leviers exclusivement tournés vers le matérialisme et les jeux d’influence, Sa Majesté Constant Lungagbe Mbatanadu incarne une lumineuse exception. Député provincial et autorité morale de la chefferie Wando, il nous rappelle une vérité fondamentale trop souvent oubliée : aucun développement, aussi sophistiqué soit-il, ne saurait être “intégral” s’il néglige l’âme.
L’initiative qu’il a portée à Ngilima, avec cette mission populaire d’évangélisation de deux semaines, n’est pas un simple fait divers religieux. C’est un acte de gouvernance supérieur, un manifeste politique et spirituel puissant. En dédiant son entité au Seigneur Jésus-Christ, Sa Majesté Constant Lungagbe ne se contente pas de poser un acte de foi personnel ; il jette les fondations éternelles sur lesquelles il entend bâtir le progrès économique et social.
Le Grand Chef Constant Lungagbe Mbatanadu proclame haut et fort que la transformation d’une communauté ne peut se faire sans un “changement de mentalité”, une conversion des cœurs, sans laquelle les infrastructures les plus modernes resteraient des coquilles vides. Ce samedi 21 février 2026, la cité de Ngilima n’était pas seulement le théâtre d’une cérémonie de clôture ; elle était le témoin privilégié d’un sacre.
Entouré des autorités administratives et coutumières, aux côtés de l’administrateur du territoire Marcel Abule et de ses pairs, Sa Majesté Lungagbe a montré que le vrai leader est celui qui, le premier, se met à genoux. Sa déclaration est un électrochoc de lucidité : “Nous aspirons aujourd’hui au développement de notre entité, mais nous ne pouvons pas y parvenir sans la présence de Dieu”. Cette phrase résonne comme un programme de mandat à la fois humble et visionnaire.
Là où d’autres brandissent des projets sur papier, lui brandit le chapelet. Là où d’autres promettent des lendemains qui chantent par la seule force de l’économie, il sait que la paix des cœurs et la cohésion sociale sont les prérequis indispensables à toute prospérité durable. En fervent catholique respectueux de ses sacrements, Constant Lungagbe Mbatanadu ne fait pas de la religion un outil, mais la boussole de son action.
Il établit avec ses “sujets” une relation bien plus profonde que celle du gouvernant au gouverné : une relation fraternelle basée sur les Saintes Écritures, où l’on chemine ensemble vers la lumière. En invitant Frère Simon Bika et les mouvements du Renouveau Charismatique, il a insufflé une énergie nouvelle, une “délivrance” et une “grâce” à sa communauté, pour reprendre les mots de l’Abbé Hermann Mbelenadu.
Sa Majesté Lungagbe prouve, avec une élégance rare, que l’on peut conjuguer la gestion moderne d’une chefferie et la foi la plus authentique. Il est, sans conteste, cette voix qui clame dans un désert de cynisme que le véritable développement se construit d’abord dans le secret des cœurs, avant de se lire dans les chiffres des rapports économiques. Le Haut-Uélé a un roi ; la RDC a un modèle.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













