Dans un récent revirement politique en RD Congo, le président Félix Tshisekedi a étonné en reportant l’élection du bureau définitif de l’assemblée nationale, justifiant cette décision par les limites constitutionnelles entravant la mise en place rapide des institutions d’un côté et de l’absence de la représentativité de l’espace Grande Orientale.
Cette action, bien que motivée par une intention louable de démarrer le travail rapidement, a plongé le pays dans un immobilisme politique pendant six longs mois. Ce blocage a eu des répercussions majeures, avec deux Premiers Ministres coexistant dans un ballet d’incertitudes et d’urgences, laissant l’exécution du budget dans un flou préoccupant.
De plus, en recevant les députés de sa majorité et en intervenant dans le processus électoral de l’Assemblée, Tshisekedi a non seulement outrepassé son rôle mais a également terni l’autorité de sa Première Ministre, qui devrait pourtant être la figure de proue de la majorité parlementaire.
Ce volte-face soulève des questions fondamentales sur la gouvernance et la séparation des pouvoirs en RDC. En devenant de facto le chef de la majorité, Tshisekedi a affaibli le principe de la checks and balances, essentiel pour une démocratie saine. Cette décision controversée risque de fragiliser davantage le pays politiquement et d’entraîner des tensions au sein de la classe politique congolaise.
Alors que la RDC aspire à une stabilité politique et institutionnelle, ce report de l’élection du bureau définitif de l’Assemblée Nationale souligne la nécessité d’une réflexion profonde sur les mécanismes démocratiques et la gouvernance du pays. Il est impératif que les acteurs politiques congolais agissent avec responsabilité et transparence pour éviter de compromettre davantage l’avenir du pays et la confiance de ses citoyens.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













