Dans l’arène politique, rares sont ceux qui parviennent à se dissimuler derrière un masque de populisme tout en trahissant sans vergogne les valeurs fondamentales qu’ils prétendent défendre. Constant Mutamba incarne cette catégorie, jonglant entre des actions spectaculaires et une conduite politique plus que contestable.
D’emblée, il s’illustre par une orientation personnelle marquée par l’opportunisme. Il a choisi un chemin singulier en désavouant les magistrats, une attaque qui a non seulement fragilisé l’appareil judiciaire, mais qui a écorné son image de défenseur déclaré de la justice. Le théâtre politico-judiciaire s’amuse ainsi à relancer les insatisfactions, au détriment d’un ordre juridique déjà fragile.
Plus inquiétant encore, sa libération irréfléchie de criminels incarcérés à Makala sans un suivi des cas les plus dangereux et récidivistes, sous couvert de manœuvres politiques de désengorger sans aucune autre alternative, interpelle. En ouvrant les portes de la prison à ces individus, il n’a fait que ternir davantage la confiance déjà érodée du public en ses capacités à établir un cadre de sécurité légitime.
Mais que dire de ses propos épineux à l’encontre du Rwanda et de Paul Kagame? Ce geste n’a servi qu’à renforcer les arguments de nos voisins rwandais. Ce qui a inutilement compliqué la tâche de Patrick Muyaya Katembwe et Thérèse Kayikwamba Wagner. Il apparaît presque cynique que l’artisan de cette mascarade revendique, à demi-mot, un patriotisme dont il ne semble démontrer que la version la plus fumeuse.
Par sa capacité affolante à s’ériger en électron libre de l’appareil gouvernemental pour préparer sa future candidature aux élections de 2028, Constant Mutamba Tungunga complexifie les stratégies d’actions politiques engagées par les autorités. Ses initiatives, brusquement menées sans concertation, sapent l’essence même de la solidarité nationale. Comment bâtir un avenir stable avec de telles dissonances au sein de la maison?
C’est au sujet de la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka que le spectacle prend une tournure encore plus ubuesque. En sous-entendant des accusations de détournements, il insuffle un climat d’insubordination qui écorne l’éthique et l’efficacité administrative. Cet épisode laissera certainement des traces. On aurait pu imaginer une accalmie de sa part après cet impair. C’était mal connaître le personnage.
Il nous pond une facturation de 4 millions de dollars pour procéder à l’arrestation de deux journalistes demandeurs d’asile. Ce qui soulève des questions éthiques pressantes. Le prix de l’humain peut-il ainsi être débattu sur l’échiquier de ses décisions politiques? Quand le masque du populisme tombe, il révèle les dents acérées de l’opportunisme. Les fondations d’une politique bâtie sur le sable de la démagogie s’effondrent au premier souffle de la vérité.
Enfin, sa sagacité en matière de mandats d’arrêt internationaux n’est qu’une démonstration supplémentaire de ses faux-airs de justice, tirant adroitement ses propres ficelles géopolitiques. L’extravagance de cette diplomatie punitive, lorsqu’il s’agit d’élaborer des actes contre Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa présents sur le sol Congolais, ne jette qu’une ombre longue et amère sur sa carrière.
Constant Mutamba semble incarner la quintessence de l’arnaque politique moderne, où les idéaux font place aux stratégies individuelles, et où la démagogie s’impose comme une norme sous le fracas d’une popularité éphémère. Attendons-nous à assister bientôt à la chute d’un empire de sable dont les fondations ne reposaient que sur les propres ambitions d’un homme. La prétendue justice de l’imposteur ne vaut que le prix de ses ambitions personnelles, aussi creuse qu’un écho dans un désert.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













