Dans le tumulte des élections, Jean Bakomito Gambu se distingue par sa capacité à jongler entre divers mandats électoraux, tel un diable dans un bénitier. Mais quand cette quête effrénée de postes devient une véritable “candidatite” c’est-à-dire une maladie à se présenter à toutes les élections, une question se pose : Souffre t-il d’une insatiable soif de pouvoir ou d’une maladie de l’ambition démesurée ?
Imaginez un seul instant que le sénateur Bakomito aux allures d’ubiquité politique est simultanément président du barreau d’Isiro, chef d’une fondation, responsable d’ONG, leader d’un parti politique, associé-gérant de plusieurs entreprises qui ont en commun l’avidité de contrats publics de quatre provinces issues de l’ancienne province orientale que la nébuleuse Grande orientale s’efforce de ressusciter.
Il a été tour à tour candidat député provincial et candidat député national pour lesquels il a été officiellement déclaré fraudeur par la plus haute juridiction de la RDC. Il est sénateur sortant et candidat à sa propre succession. Et pour comme si ça ne suffisait pas, il est aussi candidat Gouverneur. Sa voracité pour les fonctions publiques semble sans limite, motivée non par un désir de servir, mais par une quête effrénée d’enrichissement personnel et familial.
Les liens familiaux tissés avec un gouverneur sortant de la province soeur du Bas-Uélé ne font qu’accentuer les soupçons de favoritisme et de conflits d’intérêts. Un mystérieux contrat juteux aurait permis de libérer 4 millions de dollars logés à la SOFIBanque pour financer les activités de corruption de députés provinciaux. Ce contrat serait d’ailleurs dans le collimateur des inspecteurs de l’IGF.
Ce contrat, initialement confié à une entreprise congolaise, qui est déjà engagée sur la RN25 depuis l’ère de feu Lola Kisanga, soulève des interrogations sur les pratiques douteuses qui animent les coulisses de ces jeux de pouvoir sur l’entretien des bourbiers. Le Gouverneur du Bas-Uélé Jean Robert Nzanza Bombiti, frère du candidat Gouverneur du Haut-Uélé Jean Bakomito Gambu serait le donneur d’ordre de ce décaissement.
À travers cette saga politico-familiale, se dessine le portrait d’un individu avide de contrôler chaque levier du pouvoir, au détriment de l’éthique et de l’intérêt public. La “candidature” devient alors le symptôme d’une ambition démesurée, gangrenant le tissu démocratique et érodant la confiance des citoyens envers leurs représentants.
Il est grand temps de questionner ces pratiques et de réclamer une transparence accrue dans le processus électoral, afin de préserver l’intégrité de nos institutions et d’assurer que ceux qui briguent nos suffrages le font pour servir l’intérêt général, et non pour assouvir des appétits personnels d’un ou plusieurs clans qui ont juré de mettre quatre provinces congolaises sous des coupes réglées.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













0 Comments