Kinshasa, l’ancienne belle capitale de la RDC, jadis pleine de promesses, aujourd’hui réduite à un tableau vivant de désespoir et de désolation. Si vous cherchez un endroit où le temps s’arrête et où la logique est mise au placard, ne cherchez pas plus loin. Bienvenue dans le royaume des embouteillages monstres, de l’insalubrité abominable et des pluies torrentielles.
Qui a besoin d’un parc d’attractions quand on peut vivre ce cauchemar quotidien ? Les embouteillages à Kinshasa sont devenus une forme d’art contemporain, où chaque conducteur est un artiste, essayant désespérément de trouver un sens à ce chaos. Une heure pour parcourir 100 mètres ? Pas de problème ! C’est le bon vieux temps où la patience était une vertu.

On pourrait presque croire que les dirigeants de la ville ont décidé de transformer chaque route en une galerie d’échecs, où le seul tableau à admirer est celui de la frustration collective. Les klaxons résonnent comme une symphonie dissonante, créant une mélodie de désespoir qui accompagne le quotidien des Kinois dans l’indifférence la plus abjecte et totale qui puisse exister.

Passons à l’insalubrité, un autre chef-d’œuvre de l’incompétence érigée comme un graal. Kinshasa est devenue un vaste dépotoir à ciel ouvert. Les rues sont jonchées de déchets, et l’air est saturé de l’odeur nauséabonde de la décomposition. Les autorités semblent avoir oublié que la propreté est une vertu, et la population, en pleine désillusion, se contente de vivre dans un environnement impur et pestilentiel.

La seule capitale au monde où les poubelles sont plus communes que les bancs publics. Qui aurait cru qu’un si grand nombre de déchets pourrait cohabiter avec une telle indifférence ? C’est comme si la ville avait décidé de prendre un virage à 180 degrés dans le sens de l’hygiène. Et puis, il y a les pluies torrentielles, ces événements météorologiques qui transforment les rues en rivières.

Elles mettent à jour le plan de drainage inexistant de la ville. Les inondations ne sont pas seulement un phénomène naturel, mais un événement social majeur. Qui n’a jamais rêvé de faire du kayak sur le boulevard ? Malheureusement, pour certains, ces eaux ne sont pas simplement une aventure de vacances, mais la cause de pertes humaines.

On pourrait presque penser que les dirigeants politiques, dans un geste de désespoir, cherchent à pousser la population à la révolte, comme un chef d’orchestre qui dirigerait une symphonie de calamités. Et que dire de l’insécurité ? Un mot qui résonne comme une blague tragique dans les rues de Kinshasa. Les habitants naviguent entre les embouteillages et les déchets, tout en gardant un œil sur ls “Kulunas”.

Ces nouveaux “seigneurs” de l’environnement Kinois, comme des personnages d’un film d’horreur. La peur s’est installée, et la méfiance est devenue la norme. Les autorités semblent jouer à cache-cache avec la sécurité, laissant les citoyens se débrouiller dans cet enfer urbain. Kinshasa est devenue un enfer tropical où le chaos règne en maître.
Les embouteillages, l’insalubrité, les pluies torrentielles et l’insécurité se combinent pour créer un tableau si écœurant qu’il pourrait inspirer des générations de futuristes à réfléchir sur ce qu’il ne faut pas faire. La situation actuelle est un appel à l’éveil et à la révolte, mais est-ce que quelqu’un entendra cet appel ? La réponse est aussi incertaine que l’avenir de cette ville en perdition. Kinshasa, un enfer qui ne cesse de s’enfoncer, où l’espoir semble être la dernière chose qui reste à perdre.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













