”Les prérogatives du président de la République dans la Construction du 18 février 2006 tel que modifié en 2011 et la problématique de la révision ou du changement de la Constitution : avantages et inconvénients pour la RDC”, étaient au cœur d’une conférence-débat organisée par la ” ligue congolaise pour la paix et les droits de l’Homme et les élections (LICOPADEL), une ONG des droits de l’Homme,
Cette activité a été organisée le jeudi 21 novembre dans la salle des conférences Me Kinkela Vikansi, au bureau national de la LICOPADEL, située au quartier Salongo dans la commune de Lemba. Deux personnalités invitées par la LICOPADEL, ont animé cette conférence à savoir Maître Grace Tshiunza Tatamika, Inspecteur au parti AREP (agissons pour la République), du ministre d’Etat à l’Aménagement du Territoire Guy Loando Mboyo et Conseiller au ministère de l’Aménagement du Territoire.
Son intervention à porté sur la nécessité de la révision ou du changement de la Constitution en RDC, avantages et inconvénients. Le deuxième intervenant était Me Patrick Pindu-Dilusanga, avocat au barreau de l’Équateur et Directeur exécutif de la LICOPADEL et Coordonnateur national de la fédération nationale des associations des personnes vivant avec handicap du Congo (FENAPHACO). Les deux professionnels du droit étaient invités pour éclairer les jeunes, les femmes et les personnes vivant avec handicap et les responsables des commissions paroissiales des églises catholiques et protestantes du Mont-Amba, sur les prérogatives du président de la République dans la Constitution de 2006, pour savoir si ce dernier détient ou non le pouvoir.
Il était question d’informer les participants si ce pouvoir que détient le président de la République à travers cette Constitution, lui pousse à gouverner librement pour exécuter des programmes pour le bien-être et le développement du pays dans le respect des droits humains et l’intégrité territoriale en RDC.
Me Patrick Pindu-Dilusanga a mis en lumière les articles 68 à 82 de la Constitution, démontrant en tant que juriste, que le président de la République détient de pouvoir exorbitant notamment celui de nommer le premier ministre et des ministres, d’investir les gouverneurs des provinces, de nommer des ambassadeurs extraordinaires et plénipotentiaires, et ceux accrédités auprès du président de la République; Il est le chef de l’Etat et représente la nation; Il est le magistrat suprême et conduit la politique de la nation et exécuté le programme mis en place place par le premier ministre; Il peut commuer la grâce ; Il noe les généraux et cadres de l’administration publique etc. Pour cet avocat, cette Constitution ne l’empêche pas de gouverner, de mettre en place un programme de développement du pays, de déclarer la guerre avec le Rwanda étant donné que nous sommes dans une situation très difficile avec cette nation.
Pour sa part Me Grâce Tshiunza qui a soutenu la position exprimée par Me Patrick Pindu-Dilusanga. Pour lui, étant au pouvoir, il soutient le président de la République tout en étant contre les personnes et les formations qui demandent au président le République de changer la Constitution. A lui en croire, cette constitution est un Pacte républicain dans la mesure où le pays était déchiré, divisé avec des guerres avec des petits États formés sur l’ensemble du territoire national. C’est grâce aux assises de ” Sun City ” que tous les Congolais se sont mis ensemble en l’occurrence les belligérants, les partis politiques qui ne détenaient pas les armes, la société civile, les confessions religieuses et la population à travers cette Constitution, pour l’unité et le redémarrage du pays. ”Aujourd’hui, pousser un seul individu à changer la Constitution pour aller vers une 4ème République sans consultation populaire, risque d’amener le pays dans l’implosion. Cette loi lui permet de bien gouverner”, a souligné Me Grâce Tshiunza.
Cet avocat a néanmoins reconnu qu’il existe certaines dispositions de cette constitution qui peuvent être révisées. Il fait remarquer qu’en révisant la Constitution, qu’on ne touche pas aux articles verrouillés.
Au Conseiller du ministre d’Etat à l’Aménagement du Territoire de soutenir la position de Me Patrick Pindu-Dilusanga qui a demandé au président de la République, de convoquer les assises de toutes les forces vives de la nation y compris les partis politiques afin de réviser certaines dispositions de cette loi fondamentale du pays, interdiction de toucher aux articles verrouillés qui parle notamment du mandat du président de la République, la forme de l’État etc.
Le Directeur exécutif de la LICOPADEL a par ailleurs suggéré qu’avant la révision de certains articles, l’état d’urgence dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri devait d’abord être levé. Les participants ont quant à eux, témoigné leur satisfaction du débat et de la qualité des interventions.
Tonton Lounda et Nico Kassanda













