Kinshasa, la capitale où les promesses fleurissent comme des fleurs en plastique dans un jardin abandonné. Cette fois, c’est le duo de choc, Bumba et Iyeli, qui s’est mis en scène sous les projecteurs de l’opération « Kin ezo bonga ». Si seulement cette initiative pouvait apporter un véritable renouveau à notre belle ville, mais hélas, la réalité semble tout autre.
Eddy Iyeli, le vice-gouverneur, a récemment eu l’honneur de lancer des travaux de débouchage des caniveaux, comme si ce geste allait transformer Kinshasa en une métropole moderne du jour au lendemain. Sur instruction de son patron, le gouverneur Daniel Bumba, Iyeli a envahi plusieurs coins de la capitale, en particulier la commune de Ngaliema.
Comme un acteur principal d’une pièce de théâtre déjà vue. Qui aurait cru qu’un simple débouchage de caniveaux pourrait être présenté comme une grande avancée ? Dans un élan d’optimisme, Iyeli s’est rendu à Binza Ozone, au niveau du centre supérieur militaire, pour « le bonheur des kinoises et kinois ». Quelle belle déclaration ! Mais à quel prix ?
Les habitants de Kinshasa ont appris à se méfier des déclarations grandioses. Entre les caniveaux débouchés et les promesses non tenues, il est difficile de discerner la réalité. Les rivières de la capitale, comme Makelele à Bandalungwa, sont-elles vraiment en train d’être curées ou est-ce juste un autre coup de peinture sur un mur fissuré ?
Le constat est amer. La réparation du collecteur à Bandal Tshibangu est présentée comme une victoire. Pourtant, les habitants se demandent si ces efforts sont suffisamment à la hauteur des attentes. Après des décennies de négligence, un simple nettoyage des caniveaux ne suffit pas à masquer les véritables problèmes d’infrastructure qui gangrènent la ville.
Mais bon, pourquoi se soucier des grandes réformes quand on peut s’attacher à de petites améliorations superficielles ? Il est presque poétique de voir comment ce duo, Bumba et Iyeli, navigue à travers les fracas d’une ville qui peine à respirer. Leur enthousiasme semble être un écran de fumée, une distraction pour masquer l’inefficacité chronique de l’administration.
Kinshasa mérite mieux que des coups de balai sur des problèmes systémiques. Les kinoises et kinois ne sont pas dupes ; ils ne veulent pas d’un visage maquillé, mais d’une transformation en profondeur. Alors que Bumba et Iyeli présentent leurs efforts comme une révolution, la réalité est que Kinshasa reste un éternel chantier, où les promesses de changement sont aussi éphémères qu’un mirage.
En attendant que le duo se penche sur les véritables enjeux qui touchent la ville, les habitants continueront à naviguer entre les caniveaux débordants et les urgences non résolues. En route vers un nouveau visage de Kinshasa ? Peut-être, mais à condition que ce soit plus qu’un simple coup de peinture sur une façade qui s’effrite.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













