Lors d’une réunion récente, le Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Constant Mutamba, a échangé avec une délégation de personnalités influentes, dont le Ministre du Portefeuille, Jean Lucien Bussa, et le Ministre des Ressources Hydrauliques, Teddy Lwamba, ainsi que des sénateurs et députés nationaux.
La ville de Kisangani, souvent qualifiée de “capitale de la Tshopo”, se retrouve au cœur de discussions cruciales sur son avenir énergétique. Cette rencontre fait suite à la mission officielle du Chef de l’État dans la province, soulignant l’urgence d’une solution à la problématique de l’électrification. Les discussions ont mis en lumière des engagements financiers clairs.
Le député Justin N’Zama Bensesana a évoqué un budget ambitieux de 120 millions de dollars, qui ne dépendra pas uniquement des fonds du FRIVAO (Fonds de Réhabilitation des Infrastructures Vitales et d’Assistance aux Organisations), mais également de partenariats public-privé (PPP). Ces collaborations sont essentielles pour mobiliser des ressources supplémentaires afin d’assurer un approvisionnement électrique adéquat pour les projets Tshopo 1 et Tshopo 2.
Cependant, l’histoire des projets d’électrification en RDC est jalonnée de promesses non tenues. Les assurances du Ministre de la Justice concernant l’accompagnement des fonds FRIVAO pour l’indemnisation des populations sont encourageantes, mais elles soulèvent aussi des inquiétudes quant à la mise en œuvre effective de ces engagements.
La population de Kisangani, qui souffre de coupures fréquentes d’électricité, attend des résultats concrets, et non de nouvelles promesses. L’électrification de Kisangani n’est pas seulement une question de confort ; elle est essentielle pour le développement économique et social de la région. Sans un accès fiable à l’électricité, les entreprises peinent à se développer.
Les établissements scolaires manquent de ressources, et les services de santé sont gravement affectés. La ville, avec son potentiel industriel et commercial, pourrait devenir un pôle de croissance pour la RDC, à condition que les investissements nécessaires soient réalisés rapidement et efficacement. Le Directeur Général de la SNEL, Fabrice Lusinde, devra jouer un rôle central dans la mise en œuvre de ces projets.
La SNEL, souvent critiquée pour son incapacité à fournir un service fiable, doit non seulement gérer les fonds de manière transparente, mais aussi s’assurer que les projets répondent effectivement aux besoins des populations. L’instauration de mécanismes de suivi et d’évaluation sera cruciale pour garantir que les ressources ne soient pas détournées et que les résultats soient tangibles.
La problématique de l’électrification de Kisangani est un enjeu vital, qui nécessite une action concertée et efficace de la part des autorités. Les engagements financiers sont là, mais ils doivent se traduire par des actions concrètes et visibles sur le terrain. La population de Kisangani, qui attend avec impatience des améliorations dans son quotidien, mérite plus qu’une simple litanie de promesses.
Pour éviter de tomber dans le piège de l’inefficacité, il est impératif que les dirigeants, tant au niveau local que national, prennent les décisions nécessaires pour transformer cette vision d’une Kisangani électrifiée en une réalité tangible. Les enjeux critiques de l’électrification à Kisangani appellent à une prise de conscience collective et à une action proactive pour un avenir énergétique durable.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













