Ils sont l’ultime rempart entre la nation et l’abîme. Leur terrain de déploiement n’est pas un champ de manœuvres, mais la lisière brute de notre existence collective. Les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ne sont pas simplement une institution ; elles sont le sacrifice en marche, la chair et l’os que nous interposons face aux ténèbres de la prédation et de l’asservissement.
Aujourd’hui, il ne s’agit plus d’un simple constat, mais d’un impératif catégorique de l’âme nationale : leur dire merci, les honorer, les porter. Regardons la réalité en face, sans détour. Sur des fronts qui déchirent l’Est du pays, nos soldats tiennent des positions souvent oubliées des cartes, mais vitales pour notre intégrité. Ils résistent, parfois des semaines durant, dans une austérité qui glacerait le sang de beaucoup : rationnements sévères, ravitaillements aléatoires, équipements poussés à leurs limites.
Ils combattent non seulement un adversaire armé, mais aussi la faim, l’isolement et l’immensité d’une mission herculéenne. Chaque jour qu’ils tiennent est un jour de plus où le drapeau congolais flotte. Chaque assaut repoussé est une vie civile, un village, une parcelle de souveraineté préservée. Et face à cette épreuve du feu et de la privation, une vérité éclate, brutale et salutaire : nous n’avons pas d’autre armée. Il n’existe pas de force de substitution, de sauveur étranger venu d’un ailleurs miraculeux.
Le péril qui nous guette, nourri par des voisins expansionnistes et leurs proxies, ne vise pas à nous “corriger” mais à nous soumettre, à nous nier en tant que nation libre et souveraine. Les FARDC sont le seul et unique rempart contre ce projet néo-impérial. Elles sont notre armée, la concrétisation armée de notre volonté de vivre ensemble, debout. Il est donc grand temps, plus que temps, que la Nation tout entière opère un retournement fondamental.
Cessons les murmures stériles, les critiques acerbes sans proposition, l’attentisme distant. Ces fils et filles du Congo qui offrent leur jeunesse, leur sommeil, leur vie même, méritent plus qu’un salaire ou un équipement – bien que ce soit un devoir sacré de l’État de les leur fournir. Ils méritent notre reconnaissance inconditionnelle, notre fierté affichée, notre soutien moral indéfectible. Ce soutien doit être tangible.
Il doit résonner dans les prières dans nos églises et mosquées, dans les conversations dans nos marchés, dans les leçons dans nos écoles. Il doit se traduire par une défense de leur honneur dans l’espace public et médiatique, par un accueil chaleureux pour leurs familles, par une vigilance citoyenne contre la désinformation qui cherche à les démoraliser et à diviser le peuple de ses soldats. Encourager nos FARDC, ce n’est pas fermer les yeux sur les défis ou les réformes nécessaires.
C’est, au contraire, affirmer avec force que cette armée est nôtre, qu’elle est précieuse, et que son amélioration continue est une cause nationale. C’est comprendre que sa force morale est le multiplicateur de sa force physique. Un soldat qui sent derrière lui le souffle chaud et reconnaissant de 100 millions de compatriotes se bat avec une autre conviction. Aux hommes et aux femmes des FARDC, qui luttez dans la boue des collines et l’âpreté des forêts, ce message vous est destiné :
La Nation voit votre sacrifice. La Nation sait le prix exorbitant de votre engagement. Vous n’êtes pas seuls. Votre combat est notre combat. Votre résistance est notre liberté. Votre tenue, même déchirée, est le plus noble des uniformes, car elle porte le poids de notre destin commun. Merci de votre courage. Merci de votre endurance. Merci pour ce don suprême que vous offrez chaque jour : votre vie pour les nôtres. Le chemin est encore long, les défis immenses.
Mais c’est ensemble, peuple et armée indissolublement unis, que nous construirons l’édifice d’une paix durable et d’une souveraineté inviolable. Soutenons nos FARDC. Croyons en elles. Parce qu’en elles, c’est le Congo lui-même, digne et indomptable, qui se bat pour respirer, exister et vaincre. Pour la Patrie, avec nos Soldats. Toujours.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













