Le récent naufrage tragique sur le Lac Kivu a provoqué une onde de choc au sein de la RDC. Dans un contexte déjà marqué par des défis infrastructurels et de sécurité, cet incident souligne une fois de plus les préoccupations grandissantes concernant la gestion des activités sur ces eaux vitales.
Alors que la douleur et la colère des familles des victimes se mêlent à l’inquiétude générale, deux responsables ont été interpellés par le parquet général de la ville de Bukavu : Mr Amani, responsable de la société Transcom MINOVA, et Safari Kubiri, responsable de la Direction générale de migration (DGM). Le naufrage a eu lieu au moment où la région était déjà sous tension.
La réunion mixte présidée par le Vice-Premier Ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, à Goma, a été un point de départ pour examiner les causes et les conséquences de cet événement tragique. Les autorités se retrouvent désormais dans une position délicate : comment justifier leur inaction face à une situation qui aurait pu être évitée ?
L’interpellation de ces deux responsables ne doit pas être perçue comme une simple réaction de façade. C’est un signe que les autorités congolaises commencent à prendre au sérieux les appels à la responsabilité dans la gestion des ressources humaines et matérielles. Cependant, il est essentiel de se demander : qui d’autre portera le fardeau de la responsabilité ?
Amani et Kubiri sont-ils vraiment les seuls à blâmer dans cette tragédie, ou s’agit-il d’un système plus vaste qui a échoué à garantir la sécurité des citoyens ? Cet incident met en lumière l’urgence d’une réforme systémique dans la gestion des activités maritimes sur le Lac Kivu. La sécurité des passagers ne devrait jamais être compromise, et cela nécessite des normes rigoureuses.
Il faut une surveillance constante et des responsabilités clairement définies. La question demeure : la RDC est-elle prête à investir dans de telles réformes, ou se contentera-t-elle de réactions sporadiques à chaque tragédie ? Les familles des victimes attendent des réponses, mais elles veulent aussi des actions concrètes pour éviter que de tels drames ne se reproduisent.
La crédibilité du gouvernement dépend désormais de sa capacité à agir rapidement et efficacement. Les interpellations de Amani et Kubiri sont un premier pas, mais elles doivent être accompagnées d’une enquête approfondie et d’un plan d’action clair pour garantir la sécurité sur le Lac Kivu. Ce naufrage tragique sur le Lac Kivu pourrait être le catalyseur d’un changement positif si les autorités choisissent d’en tirer des leçons.
La RDC a l’opportunité de transformer cette tragédie en un moment de prise de conscience collective et de responsabilité. Les yeux sont désormais rivés sur les décideurs : sauront-ils répondre à l’urgence d’agir et à l’appel à la justice, ou la RDC continuera-t-elle à naviguer dans des eaux troubles ?
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













