Traque des BDK : HRW indexe la Police congolaise

Il y a bien eu un usage excessif de la force par la police dans les opérations anti Bundu dia Kongo (« Royaume du Congo » en kikongo, BDK) entre le 13 et le 24 avril 2020.

C’est en tout cas ce qu’affirme l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch. Selon cette ONG, au moins 55 personnes ont été tuées et beaucoup d’autres blessées entre le 13 et le 24 avril dans la répression de ce mouvement politico-religieux. Le chef des Bundu dia Kongo, Zacharie Badiengila, alias Ne Muanda Nsemi, a été arrêté depuis et a été transféré dans un hôpital pour des examens sur son état psychique. Les autorités accusent ses partisans d’être à l’origine de ses violences. Mais pour Lewis Mudge, en charge de l’Afrique centrale à HRW, il faut des enquêtes contre deux opérations de police qui se sont transformées en bain de sang : « Les autorités doivent répondre aux provocations de BDK, ça c’est clair. Mais la réponse doit être dans une cour de justice, et non dans un bain de sang. Notre enquête montre que durant les incidents qui ont eu lieu entre le 13 et 24 avril, les adeptes BDK étaient armés de bâtons pour la plupart. Très peu d’entre eux avaient une arme à feu artisanale. Mais la police a ouvert le feu sans distinguer ce qu’il y avait en face d’eux. D’abord, à Sangololo où la police a encerclé en pleine nuit une maison où quelques dizaines adeptes étaient rassemblées pour préparer les manifestations. Les autorités nous disent que la police a été attaquée par ces membres de BDK à coups de machettes et de flèches. Mais notre enquête montrer que les forces de police ont ouvert le feu sur les maisons avant de l’incendier. Et deux jours après, à Kinshasa, lorsque la police est rentrée dans la résidence du leader de BDK pour l’arrêter, ils ont tiré sans retenue. Donc à Sangololo comme à Kinshasa, cela s’est terminé en bain de sang en raison d’un usage clairement excessif de la force. »

Human Rights Watch appelle les autorités à faire la lumière sur ces événements.

Laisser un commentaire