Du 28 au 29 octobre 2024, le Programme mémoire du monde de l’Unesco a illuminé l’importance cruciale de la gestion des archives. Sous le thème « De l’éphémère à l’archivage des données », cet événement a rassemblé des experts, des universitaires et des représentants gouvernementaux pour discuter des défis contemporains liés à la préservation du patrimoine documentaire.
En toile de fond, des questions pressantes telles que les pillages, l’instabilité politique, et les catastrophes naturelles soulignent l’urgence d’une stratégie proactive. L’un des points saillants de la conférence a été l’appel à renforcer les gestions de mémoire au sein des universités. La question de la responsabilité de l’État est cruciale.
Celles-ci jouent un rôle clé dans la sensibilisation des étudiants et des communautés locales à l’importance de la préservation des archives. Les universités doivent devenir des bastions de savoir et de formation, capables de former une nouvelle génération d’experts en archivistique. Lorsqu’une archive est perdue, il est impératif de rappeler que la faute revient souvent aux structures étatiques.
Les gouvernements doivent non seulement établir des cadres juridiques pour la protection des archives, mais aussi désigner des coordonnateurs des données dans chaque pays pour garantir la durabilité et la sécurité des informations. Une action collective et coordonnée est nécessaire pour réduire les barrières et assurer une meilleure gestion des archives.
Les experts en archivistique doivent travailler main dans la main avec les secteurs public et privé pour protéger les archives. Cela inclut la formation sur la gestion des crises, comme les premiers secours pour le patrimoine documentaire. Les leçons tirées d’événements tragiques, tels que les archives incendiées au Sénégal ou les pertes subies par les Archives nationales de Finlande, doivent éclairer les actions futures.
La technologie, y compris l’intelligence artificielle, devrait être exploitée pour améliorer la collecte et la préservation des données. Un des enjeux majeurs soulignés lors de cette rencontre est la nécessité de sensibiliser les populations à l’importance du patrimoine documentaire. Il est impératif de faire comprendre que la négligence envers ce patrimoine peut être assimilée à un crime contre la culture nationale.
Des sanctions doivent être mises en place pour ceux qui ne respectent pas les normes de protection. Face aux catastrophes naturelles et aux conflits armés, la préparation est essentielle. Le Japon, par exemple, a démontré l’importance de reproduire les connaissances pour se préparer aux crises. Il est crucial de prévoir des financements durables pour protéger les archives, même en dehors des périodes de crise.
Cela nécessite un dialogue constant au sein des communautés et un soutien des États membres pour encourager le développement du patrimoine documentaire. Le Programme Mémoire du Monde de l’UNESCO a mis en lumière un besoin urgent d’action collective pour protéger notre patrimoine documentaire collectif, celui de l’humanité.
De la politique à la pratique, il est impératif d’agir maintenant pour garantir que les leçons du passé éclairent notre avenir. La sauvegarde de la diversité culturelle, l’archivage numérique, et l’engagement communautaire sont des piliers sur lesquels reposent nos efforts pour construire un monde où la mémoire collective est non seulement préservée, mais célébrée.
Nous avons l’opportunité de créer un modèle de collaboration internationale pour la préservation des archives, mais cela nécessite un effort considérable et une volonté politique forte. La mémoire de nos sociétés en dépend.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













