Le Haut-Uélé, riche de son potentiel agricole, minier et humain, sombre chaque jour un peu plus dans le marasme sous l’ère du Gouverneur Jean Bakomito Gambu et de son exécutif provincial incapable de penser l’avenir. Alors que la RDC prétend viser l’émergence, Isiro et ses environs ressemblent à un musée à ciel ouvert de l’incurie de cette alliance de Gombe au pouvoir.
Les routes défoncées, les hôpitaux délabrés, les écoles sans toit et les projets abandonnés témoignent d’une gestion catastrophique, où l’incompétence le dispute à l’indifférence. Ce n’est plus de l’immobilisme, c’est une régression organisée, le grand cimetière des promesses et l’enfer des usagers. Les axes Isiro-Kisangani, Isiro-Bunia et Isiro-Watsa sont dans un état de délabrement avancé, isolant des millions de citoyens.
Le projet de réhabilitation de la RN4, annoncé en grande pompe, n’existe que sur le papier. Pendant ce temps, les transporteurs et les agriculteurs paient le prix fort : frais de transport exorbitants, denrées pourrissant faute d’évacuation. La route Isiro-Niangara est impraticable six mois sur douze. Comment voulez-vous développer le commerce ? Jean Bakomito Gambu apparaît comme un chef sans vision.
Les rapports d’ONG locales confirment que seulement 8% des routes de la province du Haut-Uélé sont carrossables en saison des pluies. L’hôpital général d’Isiro, censé être un centre de référence, manque de tout : médicaments, électricité stable, personnel motivé. Les écoles publiques, comme l’Institut Mose, tiennent debout par la seule résilience des enseignants et des parents.
Les toilettes de l’école primaire de Mambasa seraient hors d’usage depuis 2020. Les enfants tombent malades. Où sont passés les fonds alloués par Kinshasa et les partenaires internationaux ? Aucune transparence, aucun résultat. Jean Bakomito Gambu a-t-il jamais présenté un plan clair de développement pour le Haut-Uélé ? Ses interventions se résument à des déclarations creuses.
Il est l’homme du ministère de la parole avec des inaugurations de projets jamais terminés. Une preuve ? Le marché central d’Isiro, “réhabilité” mais toujours insalubre. Le gouverneur ne tient jamais ses réunions de suivi. Les ministres provinciaux sont introuvables. Il y a une gabegie financière à Isiro, des budgets sont engloutis et toujours aucun contrôle. Personne n’est sanctionnée, l’impunité règne en maître.
L’Inspection générale des finances avait déjà relevé des détournements massifs dans les fonds destinés à l’agriculture et aux infrastructures. Pendant ce temps, les fonctionnaires provinciaux ne sont pas payés depuis des mois. Il n’ y a aucune stratégie économique. Il y a une absence totale de prospective. Le Haut-Uélé pourrait être un grenier agricole pour la RDC avec un vrai leader à sa tête.
Pourtant aucune politique de soutien aux coopératives paysannes, aucune valorisation des minerais locaux (or, diamant) et aucun partenariat sérieux avec les investisseurs privés. Sans emplois, sans universités dignes de ce nom, les jeunes fuient vers l’Ouganda ou Kisangani. La province se vide de ses forces vives. Le bilan de Jean Bakomito Gambu et de son équipe est sans appel : échec total.
Les infrastructures en ruine sont le tombeau de leur incompétence. La population mérite mieux que cette coalition de l’immobilisme. Il est temps que la société civile et les médias intensifient la pression, que Kinshasa envoie des missions d’audit sans complaisance et que les partenaires internationaux suspendent leur aide sans garantie de transparence. Le Haut-Uélé ne peut plus attendre. Assez de discours et des pleurs !
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR












