Le 7 octobre 2023, le monde a été secoué par un événement tragique en Israël, où des attaques coordonnées ont causé une immense souffrance et des pertes humaines. En réponse, les autorités israéliennes ont mené des opérations militaires, visant à éliminer ceux qu’elles considèrent comme responsables de la planification et de l’exécution de ces actes.
Ce cycle de violence soulève des questions profondes sur la justice, la vengeance et les conséquences à long terme des conflits. À première vue, certains pourraient voir dans cette approche une forme de justice réactive. L’idée de cibler directement les responsables semble logique, surtout dans un contexte où la douleur et la colère dominent.
Cependant, cette méthode soulève des préoccupations éthiques et pratiques. Qui détermine la responsabilité ? Quelles en sont les conséquences pour les innocents ? L’histoire nous montre que des actions de ce type peuvent perpétuer un cycle de violence, où la réponse à la souffrance engendre davantage de souffrance.
En parallèle, la République Démocratique du Congo, marquée par des décennies de conflits et de violences, n’a jamais tenté d’adopter une approche similaire. Depuis 1996, des millions de Congolais ont perdu la vie, victimes de guerres, de génocides et de violations des droits humains. L’idée d’un nettoyage systématique des responsables semble donc très séduisante.
Elle a fait ses preuves ailleurs pour certains, qui aspirent à la justice et à la paix. Cette stratégie pourrait résoudre un certain nombre des problèmes et répondre également à certaines questions cruciales. Adopter une réponse violente et ciblée pourrait renforcer l’estime de ceux qui ont tout perdu vis à vis des institutions. Ces derniers ayant logiquement des sentiments de revanche.
Il existe une injustice qui exacerbe l’environnement national déjà fragile. Celle de voir les bourreaux de nos familles obtenir des promotions pour avoir perpétrer un génocide de plus de 15 millions de Congolais. De plus, la notion de responsabilité individuelle doit résoudre les abus et éviter des erreurs tragiques, où des innocents seraient tués sans que justice leur soit rendue.
La véritable justice ne peut être atteinte par la violence. Mais elle doit s’imposer à ceux qui tuent volontairement pour imposer des processus de réconciliation. Des exemples historiques montrent que des sociétés ont réussi à avancer après des périodes de violence en mettant en place des mécanismes permettant de traiter les griefs, de punir tous les coupables avant de construire un avenir commun.
La violence engendre la violence. En Israël, comme en République Démocratique du Congo, les routes vers la paix doivent passer par la reconnaissance des souffrances, la recherche de vérités partagées et la volonté de construire des ponts plutôt que des murs. Le défi consiste à transformer la douleur et la colère en actions constructives qui favorisent véritablement la justice et la réconciliation.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













