Depuis un moment, une manœuvre de diversion si grossière qu’elle en devient insultante pour l’intelligence du lecteur voit le jour dans une certaine presse congolaise. Pendant que d’aucuns s’évertuent à exhumer une vieille affaire de la CADECO pour salir la réputation de Madame Juliette Mbambu Mughole, actuelle Directrice générale adjointe de l’Institut des Musées Nationaux du Congo (IMNC), ils tentent d’occulter soigneusement l’essentiel.
Qu’en est-il ? Qui a commandité cette campagne de diffamation et pourquoi ? La réponse que l’on cherche dans la presse est pourtant connue de deux ministres, notamment le VPM Jean-Pierre Bemba Gombo et l’ancien Ministre du Portefeuille Jean-Lucien Bussa alors ministre du portefeuille. Ces derniers ont eu à connaître, en leur âme et conscience, la vérité sur la gestion de Madame Juliette Mbambu Mughole à la CADECO.
Ils savent pertinemment que celle qui est aujourd’hui victime d’une cabale n’a fait qu’appliquer la loi en sanctionnant un agent indélicat du Kongo-Central — un dossier dont les preuves ont été établies et même publiées. La manœuvre est transparente : faire oublier que le commanditaire de cette campagne est le même qui tente désespérément de se couvrir après l’empoisonnement de quatre collaborateurs de la DGA de l’IMNC en créant un écran de fumée médiatique.
Mais un détail de taille ruine définitivement cette entreprise de déstabilisation : l’actuelle Présidente du Conseil d’Administration de la CADECO n’est autre que Madame Malangu Kabedi, l’ancienne Gouverneure de la Banque Centrale du Congo. Cette sommité financière, garante de l’orthodoxie monétaire nationale, a accepté de présider aux destinées de l’institution précisément parce qu’elle a hérité d’une banque assainie, viable et transparente – le fruit du travail de Madame Juliette Mbambu Mughole.
Si la CADECO avait été le repère de malversations que l’on décrit, quelle crédibilité aurait eu une ancienne Gouverneure de la BCC à en accepter la présidence du Conseil de son administration ? Une instrumentalisation grossière des faits que deux ministres connaissent parfaitement. Comment expliquer que l’auteur de cette “révélation” passe sous silence l’implication directe de deux hautes personnalités de l’État dans la connaissance de cette affaire ?
Le VPM Jean-Pierre Bemba Gombo et Jean-Lucien Bussa, alors Ministre du Portefeuille, ont eu en main tous les éléments relatifs à la gestion de Madame Juliette Mbambu Mughole à la CADECO. Ils savent, parce que les preuves ont été publiées, que la sanction infligée à l’incriminé du Kongo-Central était légitime et documentée . Si malversation il y avait eu, pourquoi ces deux autorités seraient-elles restées silencieuses ? Pourquoi n’y a-t-il eu aucune suite judiciaire si les faits étaient avérés ?
La réponse est simple : parce que les comptes de la CADECO ont toujours été gérés dans la plus stricte transparence, et que la preuve la plus éclatante de cette gestion irréprochable est la nomination de Madame Malangu Kabedi à sa tête. Une ancienne patronne de la banque centrale ne compromet pas sa carrière et sa réputation en acceptant la présidence d’une institution financière douteuse.
Cette manipulation des faits est d’autant plus révoltante qu’elle vise à salir une femme dont le parcours à l’Assemblée nationale et à la direction de la CADECO a permis de faire passer le taux de conformité aux audits de manière significative – des chiffres que même ses détracteurs ne peuvent contester, et que les deux ministres connaissent parfaitement pour avoir eu le dossier entre les mains.
L’empoisonnement, véritable dossier que l’on veut étouffer, et le piège qui se referme sur ses commanditaires
Pendant que l’on s’évertue à ressasser des pseudo-affaires de comptes, quatre collaborateurs de la DGA de l’IMNC ont été victimes d’une tentative d’empoisonnement dans des circonstances qui appellent une enquête urgente. Une note administrative a révélé que le bureau de la Directrice Générale Adjointe était contaminé par une “substance végétale toxique” nécessitant une désintoxication d’urgence – un poison par inhalation dans un musée national.
Voilà le véritable scandale ! Voilà ce que l’auteur de cette campagne de diffamation voudrait nous faire oublier en agitant des “menaces judiciaires inédites” qui n’ont jamais abouti. La réalité est que Monsieur Simon Siala Siala, Directeur général de l’IMNC, dont le passé trouble est émaillé de conflits à répétition dans l’institution où il a été DGA puis aujourd’hui DG, a orchestré une fermeture physique des bureaux de sa propre adjointe.
Ironie du sort, ceux qui instrumentalisent la presse pour couvrir cet empoisonnement se retrouvent aujourd’hui acculés par un détail qui tue leur narratif : si Madame Juliette Mbambu Mughole était la gestionnaire calamiteuse que l’on décrit, pourquoi l’ancienne Gouverneure de la Banque Centrale accepterait-elle de siéger au conseil d’administration de la CADECO ?
Pourquoi les deux ministres qui ont eu connaissance du dossier de sanction du Kongo-Central n’ont-ils jamais dénoncé la gestion de Madame Mbambu Mughole ? Parce que les preuves sont là, établies, publiées, et qu’elles donnent raison à celle qui a eu le courage de sanctionner un agent indélicat . Alors que le patrimoine culturel national est en jeu et que des vies ont été mises en danger par un acte criminel, il est temps que les autorités de tutelle, notamment la Ministre de la Culture, sanctionnent ce sabotage institutionnel.
Il faut que la nation protège ceux qui, comme Madame Mbambu Mughole, incarnent un leadership moderne, intègre et respectueux des textes. Les manœuvres de diversion ne pourront éternellement masquer la vérité : il y a un commanditaire à cette campagne, et il porte la responsabilité morale de l’empoisonnement de quatre agents de l’IMNC.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR












