La clôture du forum national des affaires coutumières restera dans les annales comme le moment où la sagesse millénaire a embrassé la modernité politique pour offrir à la RD Congo un nouveau cap. Au cœur de ces assises mémorables, une voix magistrale a émergé des terres fécondes du Haut-Uélé, portant avec elle le poids de l’histoire et l’espérance de tout un peuple : celle du Chef Marc Gbiahidi, gardien vigilant de la chefferie de Wando.
Son intervention ne fut pas un simple discours, mais une vibrante ode à la patrie, une fresque intellectuelle où chaque mot résonnait comme un appel à la refondation nationale. En saluant l’audace éclairée du Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui a eu la clairvoyance de convoquer les dépositaires de nos traditions, il a hissé ce forum au rang de rendez-vous du destin. Son analyse, d’une profondeur rare, a rappelé avec une force inouïe que “l’autorité coutumière n’est pas un vestige du passé, mais le socle granitique” sur lequel doivent s’ériger l’édifice de la loi et la cathédrale de la paix.
Chef Marc Gbiahidi, avec le courage des prophètes et la lucidité des bâtisseurs, a su transformer la gratitude en exigence patriotique. Il a porté haut la voix de ceux qui, dans l’ombre, assurent la stabilité des territoires, dénonçant avec élégance mais fermeté le “statut en souffrance” d’un secteur pourtant vital. Son plaidoyer transcende la simple requête corporatiste ; c’est un manifeste pour un État fort, conscient que la sécurité et le développement local se gagnent d’abord dans les chefferies.
En exhortant le gouvernement à ne pas laisser les résolutions du forum “tomber dans les oubliettes”, il a posé un acte de haute responsabilité politique, appelant à une symbiose parfaite entre la vision de l’État et l’intelligence traditionnelle. Mais le moment le plus sublime de cette prestation fut lorsqu’il incarna, avec une dignité royale, la pensée du Grand Chef Constant Lungagbe Mbatanadu, porte-étendard de tout un peuple.
Sa supplique finale au Chef de l’État — “stabilisez le socle coutumier pour consolider la nation” — n’était pas une prière, mais un cri prophétique. Il a démontré, preuves historiques à l’appui, que l’instabilité congolaise puise ses racines dans les fondations ébranlées de la chefferie. En cela, il ne demandait pas une faveur, mais posait le diagnostic ultime pour une paix durable.
Grâce à la stature visionnaire du Chef Marc Gbiahidi, ce forum a accompli sa mission sacrée : il a scellé l’alliance entre la tradition et la République. Une graine d’éternité a été semée dans le terreau national. Reste à savoir si l’histoire retiendra cet appel comme le tournant décisif. Mais une chose est certaine : la sagesse a parlé à Dungu, et son écho doit réveiller la nation.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













