C’est un ruban d’espoir qui serpente depuis les Virunga jusqu’au fleuve Congo. Le jeudi 5 mars 2026, le premier convoi du Couloir Vert Kivu–Kinshasa a pris la route. Dans ses conteneurs : du chocolat, du savon, des haricots. Dans son sillage : la promesse d’un Congo enfin relié à lui-même. Parti de Mutsora, ce convoi porte bien plus que des marchandises.
Il porte la dignité des paysans de Beni, le travail des artisans de Lubero, et la preuve que l’Est n’est pas qu’une terre de souffrances, mais un poumon économique prêt à nourrir la nation. De la route jusqu’à Kisangani, puis sur le fleuve jusqu’à Kinshasa, ce voyage est une première historique. Soutenu par l’Union européenne et la Fondation Virunga, le Couloir Vert transforme l’isolement en opportunité.
Fini le temps où les richesses de l’Est empruntaient des chemins obscurs vers l’étranger. Aujourd’hui, le chocolat des Virunga prend la direction de la capitale, et avec lui, l’emploi pour des milliers de jeunes, la renaissance des communautés, et la fierté retrouvée. Ce convoi nous dit l’essentiel : le Congo se construit par ce qui l’unit, non par ce qui le divise.
Il nous rappelle que le fleuve est une artère, pas une frontière. Et que lorsque les femmes et les hommes de Beni cultivent, lorsque ceux de Kisangani transportent, lorsque ceux de Kinshasa consomment, c’est tout un pays qui respire. Le premier convoi est parti. Le Congo est en marche. Et cette fois, rien ne l’arrêtera.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













